Pétrole: les producteurs "pourraient être amenés" à reconduire la réduction de l'offre (Arabie)

Abou Dhabi - Le ministre saoudien de l'Energie a déclaré jeudi que les pays producteurs membres et non-membres de l'Opep "pourraient être amenés", lors d'une réunion en mai, à prolonger leur accord sur la réduction de l'offre afin de réduire le niveau des stocks.

"Nous pourrions être amenés à prolonger pour atteindre l'objectif (...) du niveau des stocks" dans les pays consommateurs, a déclaré Khaled al-Faleh lors d'un forum sur l'énergie à Abou Dhabi.

Il se référait à l'accord en vertu duquel l'Opep et ses partenaires, comme la Russie, s'imposent depuis janvier des plafonds de production jusqu'à la fin du premier semestre.

Le ministre saoudien, dont le pays est le premier exportateur mondial de brut, a indiqué qu'il y avait une sorte d'"accord de principe" sur la nécessité de reconduire la réduction de l'offre après une réunion le mois dernier à Koweït du comité chargé de vérifier le respect des engagements pris.

Il a ajouté que l'évaluation des données du marché devrait continuer en avril et mai avant que les pays engagés par l'accord ne prennent une décision finale lors de leur réunion prévue le 25 mai à Vienne.

"Il y a eu un haut niveau d'engagement au cours des trois premiers mois mais, malgré cela, nous n'avons pas atteint l'objectif" d'absorber la surabondance de pétrole, a-t-il dit.

Les pays de l'Opep et des producteurs non-membres du cartel, dont la Russie, avaient décidé fin 2016 de réduire, durant les six premiers mois de cette année, leur offre de 1,8 million de barils par jour (mbj).

Leur objectif était ainsi de soutenir les prix du brut qui avaient perdu près de la moitié de leur valeur à partir de la mi-2014. Les prix ont connu ces derniers mois une remontée et évoluent au-dessus de 50 dollars le baril.

- engagement 'significatif

Le ministre koweïtien du Pétrole Issam al-Marzooq a indiqué pour sa part qu'il y avait un engagement "significatif" de la part des pays producteurs non-membres de l'Opep et a appelé à reconduire la réduction. "Il est important que nous acceptions de prolonger l'accord", a-t-il souligné lors du forum.

Dans son rapport mensuel publié la semaine dernière, l'Agence internationale de l'Energie (AIE) a indiqué que la consommation mondiale de pétrole devrait croître un peu moins fortement que prévu en 2017, tandis que les pays non-Opep, dont les Etats-Unis, pomperont davantage de barils, des tendances susceptibles d'influer sur un marché s'approchant de l'équilibre.

Bien que l'AIE estime toujours "probable" un resserrement du marché pétrolier cette année, elle a souligné qu'une demande moins vigoureuse pourrait influencer l'équilibre de celui-ci, tout comme la hausse de production en provenance des pays n'appartenant pas à l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep).

Après un déclin de 790.000 barils par jour (b/j) en 2016, ceux-ci devraient pomper 485.000 b/j de plus cette année, à 58,1 mbj, grâce notamment à une forte reprise de l'activité de forage outre-Atlantique où la remontée des cours au-dessus de 50 dollars le baril attire à nouveau les investissements dans les hydrocarbures de schiste.

Une reconduction de la réduction de l'offre aurait pour effet de réduire des stocks mondiaux encore surabondants et d'apporter un soutien supplémentaire aux cours, a estimé l'AIE.

Mais la médaille aurait un revers: la hausse des prix encouragerait davantage le secteur du pétrole de schiste aux Etats-Unis et les autres producteurs, a-t-elle mis en garde.

Les cours du pétrole repartaient à la hausse jeudi sous l'effet d'achats à bon compte après avoir lourdement plongé à cause de chiffres jugés inquiétants sur l'offre américaine.

Vers 10H15 GMT (12H15 à Paris), le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en juin valait 53,34 dollars sur l'Intercontinental Exchange (ICE) de Londres, en hausse de 41 cents par rapport à la clôture de mercredi.

Dans les échanges électroniques sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de "light sweet crude" (WTI) pour le contrat de mai, dont c'est le dernier jour de cotation, montait de 35 cents à 50,79 dollars.


(©AFP / 20 avril 2017 13h05)
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