Plan pauvreté: réactions syndicales et associatives

La campagne 2002 de la la journée mondiale du refus de la misère à l'initiative de l'organisation caritative ATD-Quart Mondensur le parvis des droits de l'Homme, à l'esplanade du Trocadéro à Paris / © AFP/Archives / MEHDI FEDOUACH
Voici des réactions d'associations et de syndicats aux mesures du plan pauvreté annoncé jeudi par Emmanuel Macron:

- Fondation Abbé Pierre - "Le discours était plus respectueux de la question de la pauvreté (que certaines déclarations précédentes du président de la République) et pointait la responsabilité collective dans la propagation de ce fléau. Toutefois il y a aussi de réels manques, notamment sur la question de la revalorisation des prestations sociales". (Christophe Robert, délégué général, à l'AFP)

- Emmaüs France - "La bonne nouvelle, c'est que le président prend enfin conscience de la situation de la pauvreté en France. Mais nous n'avons pas la mémoire courte. Il faut rappeler qu'en même temps, c'est ce président qui a baissé les APL et les contrats aidés, donc prudence". (Jean-François Maruszyczak, délégué général, à l'AFP)

- Secours populaire - "Le président semble avoir pris la mesure de la précarité alimentaire avec les repas à 1 euro, c'est une excellente chose tant les enfants sont les premiers touchés par la pauvreté". (Henriette Steinberg, numéro deux, à l'AFP)

- Fédération des acteurs de la solidarité (Fnars) - "Globalement, ce plan semble montrer un recentrage social du quinquennat après une première année avec des mesures défavorables pour les plus pauvres. Toutefois, ce plan s'adresse en grande partie aux personnes qui travaillent. (...) Derrière ce choix politique qui consiste à aider uniquement ceux qui travaillent, il y a un message subliminal qui est que ceux qui ne travaillent pas sont responsables de leur non emploi". (Florent Gueguen, directeur, à l'AFP)

- Les Petits frères des Pauvres - "La stratégie de prévention et de lutte contre la pauvreté exclut les personnes âgées" et "cette stratégie ne comporte aucune mesure de lutte contre l'isolement alors que la pauvreté et la perte d'autonomie renforcent l'isolement et la solitude". (communiqué)

- L'Armée du Salut - C'est "un plan dont les effets vont prendre du temps pour se faire sentir or les plus pauvres n'ont pas ce temps. Nous avons donc une vraie inquiétude en ce qui concerne la situation concrète de ceux dont la vie a déjà basculé".

- Restos du coeur - la stratégie pauvreté "comporte plusieurs mesures utiles pour faciliter l'accès à l'alimentation des plus démunis et en particulier des enfants: la généralisation des petits déjeuners ou les dispositions en faveur de l'accès aux cantines scolaires vont dans le bon sens, alors que 38% des bénéficiaires des Restos sont des enfants". (communiqué)

- Droit au Logement - "Rien de neuf sur le logement. Pas un mot sur les APL, soutien à la loi Elan qui met en place des mesures anti-pauvres, rien pour protéger les victimes des marchands de sommeil ou loger les sans-abris et habitants de bidonville, (la) gentrification des quartiers populaires HLM se poursuit... Macron a oublié de loger les mal-logés". (communiqué)

- ATD Quart Monde - l'association "salue un certain nombre de mesures annoncées dont celles visant à favoriser l'accueil des enfants défavorisés en crèches – à condition que des moyens soient déployés pour rejoindre et permettre l'accès des familles les plus éloignées –, la fin des sorties sans solution de l'Aide sociale à l'Enfance et la formation obligatoire jusqu'à 18 ans. ATD Quart Monde s'interroge cependant sur les moyens humains et financiers qui seront alloués (...), sachant qu'une part significative des 8 milliards annoncés correspond à un simple redéploiement de budget". (communiqué)

- La Croix Rouge - Ce plan "démontre la volonté du Gouvernement de s'inscrire dans une nouvelle dynamique en renforçant la prévention et l'insertion par l'activité". (communiqué)

- Mouvement français pour le revenu de base - Ces annonces "manquent encore d'ambition et surtout d'inconditionnalité, critère essentiel à l'émancipation des individus et à leur liberté réelle". (communiqué)

- Union nationale d'associations sanitaires et sociales (Uniopss) - "Les mesures annoncées demeurent insuffisantes pour corriger les effets néfastes des choix politiques antérieurs (...): baisse drastique des contrats aidés, diminution des APL, fragilisation des bailleurs sociaux, augmentation de la CSG, annonces sur la non-indexation de certains minima sociaux alors que l'inflation accélère". (communiqué)



(©AFP / (13 septembre 2018 18h15)


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