Pologne: Mme Kopacz a présenté la démission de son gouvernement

Varsovie - La Première ministre polonaise Ewa Kopacz a présenté jeudi la démission de son gouvernement, suite à la défaite de son parti centriste Plateforme civique face aux conservateurs de Droit et Justice (PiS) aux législatives du 25 octobre.

Elle a prononcé devant le nouveau Parlement issu de ce scrutin un bref discours combatif, promettant au PiS de ne lui laisser passer aucun mensonge et de contrôler la réalisation de chaque promesse.

Si le nouveau pouvoir conduit la Pologne d'Ouest vers l'Est, la Plateforme civique aura une feuille de route prête pour la faire revenir à la normale, a encore dit Mme Kopacz, la voix marquée par l'émotion.

Je vous souhaite de gouverner mieux que nous, mais je vous préviens que ce ne sera pas tâche facile, a-t-elle lancé. La Pologne est aujourd'hui dans un bien meilleur état que quand nous avons pris le pouvoir après vous en 2007, a-t-elle poursuivi, avant de comparer le nombre de crèches, le budget de la santé ou le montant du salaire minimal.

Je vous souhaite de ne pas détruire la stabilité des finances publiques, a encore dit la chef du gouvernement sortante, avant d'affirmer que son parti s'opposerait à toute atteinte à l'indépendance de la justice, aux libertés individuelles ou aux droits des femmes.

Tout pouvoir est passager, a prévenu Mme Kopacz.

Elle devait se rendre au Palais présidentiel pour remettre sa démission au président Andrzej Duda, issu des rangs de Droits et Justice.

Ce dernier devait lui confier l'expédition des affaires courantes en attendant la formation du nouveau gouvernement par la candidate du PiS au poste de Premier ministre, Beata Szydlo.

Auparavant, le président Duda a prononcé au Parlement un discours dans lequel il a souligné que la Pologne connaissait une situation sans précédent, un seul parti - Droit et Justice (PiS) dont il est issu - ayant la majorité absolue dans les deux chambres.

Les électeurs se sont prononcés pour un changement qui consiste à remettre en état plusieurs éléments de la vie de la République, a-t-il dit, avant d'appeler le Parlement à approuver ces réformes.

La séance était présidée par le doyen d'âge de la chambre basse, l'ancien opposant anticommuniste radical Kornel Morawiecki, qui a appelé les députés à offrir à la Pologne et à l'Europe une nouvelle Constitution fondée sur la solidarité, à la mesure du 21e siècle.

Bien qu'ayant la majorité absolue à la chambre basse, le parti au pouvoir Droit et Justice (PiS) est loin d'avoir atteint seul la majorité des deux tiers de l'ensemble des députés, nécessaire pour modifier la Constitution.

(©AFP / 12 novembre 2015 15h36)
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