Pologne/UE: Duda et Tusk appellent au calme dans le débat sur l'Etat de droit

Bruxelles - Le chef de l'Etat polonais Andrzej Duda et le président du Conseil européen Donald Tusk ont lancé lundi un appel au calme après les échanges acrimonieux autour du respect par Varsovie de l'Etat de droit, lors d'une conférence de presse à Bruxelles.

Il faut dialoguer de manière calme, sans émotion, a lancé le président polonais tandis que M. Tusk, également polonais, a lui aussi exhorté à des débats menés de manière calme, cadrée après les critiques échangées de part et d'autre ces dernières semaines au sujet de réformes controversées du nouveau gouvernement conservateur polonais.

La Pologne, ces dernières années, a bénéficié de son appartenance à l'UE, a dit M. Duda, à l'issue d'une entrevue entre les deux hommes. Jamais nous ne tournerons le dos à l'Europe, a-t-il insisté.

Mais les institutions européennes doivent nous respecter comme nous les respectons, il faut que cette estime aille dans le deux sens, a-t-il ajouté, déplorant la façon dont certains médias et milieux politiques européens avaient caricaturé selon lui la situation dans son pays.

De nombreuses inquiétudes se sont exprimées en Europe après des réformes controversées du nouveau pouvoir polonais, qui a notamment placé cinq nouveaux juges au sein du Tribunal Constitutionnel du pays, et confié au ministre du Trésor le pouvoir de nommer les dirigeants de la télévision et de la radio publiques.

La Commission européenne a ainsi lancé le 13 janvier une enquête préliminaire sur la réforme du Tribunal constitutionnel, première étape d'une procédure inédite de sauvegarde de l'Etat de droit.

Il faut éviter un ton agressif dans les échanges entre Bruxelles et Varsovie, vous n'avez pas d'ennemi à Bruxelles, a insisté de son côté M. Tusk, qui préside l'instance réunissant les chefs d'Etat et de gouvernement des 28.

Du côté bruxellois, il faudra éviter des confusions qui ne s'imposent pas, des polémiques inutiles, a ajouté le responsable européen, qui a été adversaire de M. Duda sur la scène politique polonaise. Bruxelles doit continuer de plancher sur ces questions de manière calme, cadrée.

(©AFP / 18 janvier 2016 13h01)