Pour Total, les sanctions contre la Russie sont une voie sans issue

Paris - Le patron de Total, Christophe de Margerie, a une nouvelle fois plaidé jeudi pour l'instauration d'un dialogue constructif avec la Russie, estimant que les sanctions occidentales contre ce pays-clé pour le géant pétrolier français constituaient une voie sans issue.

Je ne plaide pas pour la Russie, mais pour plus de compréhension. Les sanctions sont une voie sans issue, l'interdépendance économique en revanche nécessite un dialogue constructif, a déclaré M. de Margerie dans un entretien au quotidien allemand Süddeutsche Zeitung.

Nous ne devons pas nous laisser persuader que la Russie est un ennemi, d'autant que notre approvisionnement en énergie dépend en grande partie de ce voisin, a-t-il ajouté. On ne doit pas tomber dans la caricature des gentils Ukrainiens pro-occidentaux et des méchants pro-Russes.

La Russie est un pays important dans la stratégie de Total, qui ambitionne d'en faire sa principale zone de production d'hydrocarbures à l'horizon 2020.

Certes, nous ne voulons pas accroître notre exposition au risque en Russie tant que la situation n'est pas normalisée mais je ne serai toutefois pas un bon dirigeant si je revenais maintenant sur tout ce que nous avons édifié dans ce pays, a dit Christophe de Margerie.

A la demande des 28 chefs d'Etat ou de gouvernement, la Commission européenne a présenté mercredi des propositions de nouvelles sanctions de l'UE contre la Russie, après celles adoptées fin juillet. Ces propositions sont maintenant examinées par les ambassadeurs des Etats membres, à Bruxelles.

Les principales pistes consisteraient à restreindre encore l'accès de la Russie aux marchés financiers européens et à durcir les conditions de vente des équipements pouvant avoir une utilisation militaire et les technologies pour l'exploitation pétrolière.

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(©AFP / 04 septembre 2014 13h40)