Présidentielle: joie, déception et ironie en Russie face au candidat Poutine

Moscou - L'annonce par le président Vladimir Poutine de sa candidature pour un quatrième mandat à l'élection de mars 2018 a été accueillie mercredi en Russie avec joie par plusieurs hommes politiques, mais avec déception et ironie par l'opposition.

"Cette décision permettra aux Russes d'avoir confiance dans leur avenir", s'est félicité le président de la Douma (chambre basse du Parlement), Viatcheslav Volodine, cité par l'agence publique RIA Novosti.

Vladimir Poutine, 65 ans, "a toujours fait tout son possible pour protéger les gens et le pays pendant les moments les plus durs", a-t-il souligné.

"La société aujourd'hui est pour que Vladimir Poutine reste président, et cela a une grande importance", a estimé l'ancien dirigeant soviétique Mikhaïl Gorbatchev, cité par l'agence officielle TASS.

"C'est une journée historique, une journée de fête pour nous", s'est enthousiasmé le dirigeant tchétchène Ramzan Kadyrov, sur sa page Instagram.

"Aujourd'hui, le président russe Vladimir Poutine n'a pas le droit d'abandonner le peuple et l'Etat russes", a-t-il souligné.

Pour Valentina Matvienko, la présidente du Conseil de la Fédération (chambre haute du Parlement), la décision de M. Poutine va "lever les inquiétudes et les tensions dans la société qui grandissaient de plus en plus à l'approche des élections".

"C'est un vrai leader national, les gens le respectent beaucoup et il jouit d'un important soutien de la population", a-t-elle affirmé, cité par l'agence TASS.

Pour Sergueï Inchakov, entrepreneur de 36 ans, M. Poutine "est actuellement le seul à l'horizon" qui soit capable de diriger le pays. Avec lui, "tout le monde sera plus tranquille, aura plus de certitude", a-t-il assuré à l'AFP.

Pour sa part, l'opposant numéro un au Kremlin, Alexeï Navalny, a jugé qu'un nouveau mandat serait "un peu trop" pour M. Poutine, au pouvoir en Russie depuis 17 ans et qui va battre, en cas de réélection quasi-assurée, le record de Léonid Brejnev, qui dirigea l'URSS de 1964 à 1982.

il NE part pas

"Je propose de ne pas l'accepter", a écrit M. Navalny sur Twitter.

Pour Maxime Kats, élu municipal du conseil législatif de Moscou et blogueur d'opposition, après l'annonce de Vladimir Poutine, il faut "s'attendre de nouveau à au moins 6 ans d'humiliation et de honte nationales".

"Durant les six dernières années, cet homme a détruit la réputation et l'économie de notre pays", a-t-il écrit sur son blog, faisant allusion aux sanctions économiques occidentales liées à la crise ukrainienne et aux accusations de dopage institutionnalisé.

Sur les réseaux sociaux russes, nombreux étaient les messages ironiques comme "Quel bonheur! Il NE part pas!" ou encore "Quelle surprise!" et "Est-ce que quelqu'un en doutait?!"

Briguer un nouveau mandat de six ans pour rester au pouvoir jusqu'en 2024, "c'est pas beaucoup ça. Il serait mieux d'en briguer encore deux de 18 ans chacun, pour être comme (le président Robert) Mugabe", qui a dirigé le Zimbabwe pendant 37 ans, suggérait un blogueur sur Instagram.

"Si nous ne faisons rien, Poutine sera là maintenant, dans six ans et encore pendant beaucoup d'années", a déclaré pour sa part, la candidate à la présidentielle russe Ksenia Sobtchak, vedette de la télévision proche de l'opposition, lors d'une rencontre avec ses partisans.

Défier Vladimir Poutine aux élections présidentielles, c'est "comme se battre avec un petit pistolet-jouet contre un char lourd, mais cela ne veut pas dire qu'il ne faut pas se battre", a-t-elle ajouté.


(©AFP / 06 décembre 2017 18h21)
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