Presse: un ex-employé de Lombard Odier poursuivi pour blanchiment en Argentine

Zurich (awp) - Un ancien employé de la banque privée Lombard Odier est poursuivi par la justice argentine pour avoir mis en place une structure sociétaire et bancaire destinée à blanchir des fonds détournés par l'entrepreneur Lázaro Báez, un proche des ex-présidents Nestor (aujourd'hui décédé) et Cristina Kirchner.

Au cours de l'enquête, l'ex-banquier a admis avoir fait transiter par un des comptes de la famille Báez en Suisse l'équivalent de 21 millions de dollars. Il a toutefois assuré ignorer l'origine délictueuse des fonds, tout en reconnaissant que l'établissement a offert ses services pour le montage d'un système connu comme "la route de l'argent K" (K comme Kirchner), indique l'hebdomadaire Perfil sur son site internet.

Contacté vendredi par AWP, l'établissement privé genevois a indiqué que "de manière générale, la banque ne commente pas une procédure en cours". Une porte-parole a ajouté que Lombard Odier "ne fait l'objet d'aucune procédure dans le cadre de ce dossier et collabore pleinement avec les autorités compétentes".

Egalement sollicité, le Ministère public de la Confédération (MPC) a fait savoir que "dans le contexte mentionné, aucun établissement bancaire n'a ou ne fait l'objet d'une procédure pénale du chef de responsabilité d'entreprise".

Il a cependant précisé que "la fraude fiscale ne fait pas partie des compétences de la juridiction fédérale" prévue dans le code de procédure pénale.

Quant à l'Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers (Finma), elle n'a pas souhaité s'exprimer sur d'éventuelles procédures dans le cadre de cette affaire.

Blanchiment à large échelle

Selon la cour d'appel argentine, la structure mise en place par l'ex-banquier a permis de blanchir des fonds provenant d'irrégularités dans des contrats de travaux publics entre 2010 et 2011 et de rapatrier l'équivalent de 32,8 millions de dollars en Argentine.

Cités par le dominical portègne, deux juges de la cour d'appel ont considéré que l'ancien employé de Lombard Odier "a agi de manière frauduleuse dans le transfert de devises du groupe de Lázaro Báez de provenance illicite vers des comptes bancaires suisses".

Ils lui reprochent par ailleurs d'avoir servi d'intermédiaire dans la création de sociétés étrangères sans activité commerciale, destinées à dissimuler les véritables bénéficiaires des relations bancaires en question.

Selon les hommes de loi, au vu du rôle connu de Lázaro Báez et de sa proximité avec l'exécutif national, le prévenu s'est rendu coupable de blanchiment, dans la mesure où il existe "plusieurs indices solides" qu'il connaissait l'origine illicite des fonds et que "ses agissements ne correspondaient pas à l'activité régulière d'un employé de banque".

Perfil rapporte que l'ex-employé de Lombard Odier a soutenu lors de l'instruction que la direction de son ex-employeur était au courant de qui était M. Báez et l'avait accepté comme client, car en 2010-2011 il n'y avait pas d'indice que l'homme d'affaires était impliqué dans des activités de blanchiment.

buc/al

(AWP / 21.09.2018 18h00)
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