Prise d'Afrine: les Kurdes dénoncent les "rêveries" du président turc Erdogan

Qamichli (Syrie) - Un haut responsable kurde de Syrie a qualifié mardi de "rêveries" des propos du président turc Recep Tayyip Erdogan quant à une prise imminente de la ville d'Afrine, quasi-encerclée par les forces d'Ankara et leurs alliés.

"Il semble que le président (...) Erdogan rêve éveillé en parlant d'une chute d'Afrine ce (mercredi) soir", a affirmé Redur Khalil, un porte-parole des Unités de protection du peuple (YPG), visées par l'offensive turque lancée le 20 janvier contre l'enclave kurde d'Afrine, dans le nord-ouest de la Syrie.

"La ville recèle de centaines de milliers d'habitants et de combattants qui (...) empêcheront l'armée turque et ses alliés terroristes de s'approcher aussi facilement d'Afrine", a-t-il ajouté.

"Les conséquences (d'un assaut) seront désastreuses et très couteuses", a insisté le responsable kurde, avant de conclure: "les allégations d'Erdogan (...) visent à faire peur aux civils pour les forcer à fuir, conformément à son plan visant à changer la structure démographique" d'une zone à majorité kurde, selon lui.

Mercredi, le président turc a déclaré espérer, "si Dieu le veut, qu'Afrine sera complètement tombé d'ici ce soir".

Une source présidentielle a par la suite rapidement expliqué que M. Erdogan voulait en fait signifier qu'il espérait que "l'encerclement (d'Afrine) serait totalement achevé d'ici ce (mercredi) soir".

Les forces turques et leurs supplétifs syriens qui ont lancé le 20 janvier une offensive majeure contre l'enclave d'Afrine, ont considérablement resserré l'étau ces derniers jours sur la ville même d'Afrine.

La situation humanitaire ne cesse de se dégrader dans cette cité de 350.000 habitants, désormais quasi-encerclée par les forces turques, tandis que les habitants commencent à fuire ou à entasser des vivres par peur d'un siège ou d'un assaut imminent, et les combattants kurdes consolident leur position.


(©AFP / 14 mars 2018 11h10)
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