Pro et anti-Ceta se font entendre à la veille de son entrée en vigueur provisoire

des manifestants hostiles au traité de libre-échanges UE-Canada CETA rassemblés le 17 février 2017 à Berlin / © AFP/Archives / Odd ANDERSEN
Les députés de gauche et plusieurs organisations défavorables au Ceta, le traité de libre-échange UE-Canada, ont lancé mercredi une offensive avant son entrée en vigueur provisoire jeudi, tandis que les responsables européen et canadien du Commerce le défendaient dans la presse.

Les opposants au traité ont présenté un rapport critique lors d'une conférence de presse à l'Assemblée, en présence de députés des trois groupes de gauche, Clémentine Autain (LFI), Jean-Paul Lecoq (PCF) et Marietta Karamanli (Nouvelle gauche).

Ce rapport, auquel ont notamment participé les altermondialistes d'Attac, le collectif très à gauche des Economistes atterrés et l'ONG de défense des consommateurs Foodwatch, conclut que "les organisations associatives, environnementales, syndicales et politiques demandent solennellement la suspension de l'application provisoire du Ceta et une réelle consultation des citoyens, à travers un référendum".

Les trois députés de gauche présents ont dénoncé un "déni de démocratie" avec l'application provisoire du traité, pointant à l'instar de Mme Autain, un risque de "moins-disant social et de moins-disant environnemental".

Auparavant, plusieurs députés de ces formations, dont Jean-Luc Mélenchon ou Pierre Dharréville (PCF) avaient participé à un petit rassemblement aux abords de l'Assemblée, à l'initiative du collectif "Stop Tafta et Ceta". Certains manifestants arboraient des baillons blancs sur lesquels le mot Ceta était inscrit en lettres noires, en signe de protestation.

Le gouvernement a confirmé la semaine dernière que l'essentiel du Ceta entrerait bien en vigueur comme prévu le 21 septembre, tout en reprenant à son compte des critiques émises par une commission mandée au début de l'été par le Premier ministre.

L'essentiel du Ceta doit donc devenir effectif jeudi en attendant l'approbation par les Parlements des membres de l'UE, alors qu'il cristallise beaucoup de craintes des opposants au libre-échange, notamment une concurrence accrue entre secteurs agricoles et un affaiblissement des normes sanitaires et environnementales.

Le rapport publié mercredi par les opposants au Ceta reprend ces critiques en trois volets: les conséquences supposées sur l'alimentation et la santé, les risques pour l'environnement et les effets sur l'économie.

"Il est impossible de conclure, comme le font certains économistes et la Commission européenne, que l'impact macroéconomique du Ceta sera favorable", assure le rapport sur ce dernier plan, reconnaissant obéir à "une inspiration keynésienne" jugée "plus réaliste".

A l'inverse, ce sont bien des baisses de prix pour le consommateur et des ouvertures commerciales pour les petites entreprises qu'ont promis Cecilia Malmström, commissaire européenne pour le Commerce, et François-Philippe Champagne, son homologue canadien, dans une tribune publiée mercredi dans le Figaro.

"La poursuite de politiques protectionnistes ou l'érection de barrières entre nous n'auraient que des effets catastrophiques sur nos économies", ont-ils assuré. "Le repli sur nous-mêmes n'est en aucun cas la bonne réponse".

L'accord concerne plus de 510 millions d'Européens et 35 millions de Canadiens. Ratifié par les parlements européen et canadien, il deviendra définitif une fois voté par les 38 assemblées nationales et régionales d'Europe, ce qui prendra des années.



(©AFP / 20 septembre 2017 17h23)
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