Projet de loi Hulot: des ONG saluent "l'esprit" et pointent des "failles"

Paris - Les ONG ont salué mercredi la présentation du projet de loi Hulot visant à cesser l'exploitation de gaz et de pétrole en France à l'horizon 2040 dans le cadre de la lutte contre le réchauffement mais certaines ont regretté des "failles" dans le texte.

"La France est le premier pays du monde à prendre une telle décision (...) qui vise à mettre en oeuvre la recommandation de l'Agence internationale de l'énergie: laisser les deux tiers des ressources fossiles connues dans le sol pour maintenir la hausse de la température mondiale en dessous 2°C", a commenté le WWF dans un communiqué.

"Si cette décision est essentiellement symbolique - seulement 1% de la consommation pétrolière et gazière en France étant couverte par une production nationale - elle peut avoir un effet d'entraînement sur d'autres pays", espère Pascal Canfin, qui attend maintenant "des mesures pour réduire notre consommation d'hydrocarbures".

Lors d'une conférence de presse, d'autres ONG - Les Amis de la Terre, 350.org, Attac et des collectifs locaux contre les gaz de schiste - ont également salué "l'esprit de cette loi", la réduction de l'offre de combustibles fossiles étant "une condition sine qua non" pour respecter l'accord de Paris sur le climat, a rappelé Maxime Combes d'Attac.

Mais ce dernier a aussi regretté "des failles dans le texte" et estime qu'il y a "une inadéquation entre l'exemplarité mise en avant par le gouvernement et les limites" du projet de loi.

Les critiques des ONG portent sur deux points en particulier. Le premier concerne le maintien du "droit de suite", qui fait que le détenteur d'un permis d'exploration pourra toujours demander un permis d'exploitation, généralement délivré pour 20 à 25 ans. Actuellement, il y a 33 permis de recherche valides.

Par ailleurs, l'exclusion des "gaz de couche" (piégés dans des veines de charbon) de la définition des hydrocarbures non conventionnels (gaz de schiste, sables bitumineux, hydrates de méthane) qui sont définitivement interdits, préoccupe fortement certains associations, qui craignent une exception ouvrant la voie à une exploitation.


(©AFP / 06 septembre 2017 16h08)