Projet de sociétés agricoles gréco-russes pour contourner l'embargo

Athènes - Athènes et Moscou projettent de créer des sociétés communes gréco-russes en Russie pour permettre aux produits agricoles grecs de surmonter l'obstacle de l'embargo alimentaire décrété par la Russie aux pays européens, a affirmé mercredi soir une source gouvernementale grecque à propos des sujets abordés lors de la visite d'Alexis Tsipras à Moscou.

Il existe une volonté commune de lancer la procédure de création de sociétés communes gréco-russes sur le territoire russe pour les exportateurs grecs de produits agricoles, a indiqué cette source dans un document écrit.

Par le biais de ces entreprises, les ventes de fruits et légumes grecs à la Russie ne seraient pas considérées comme des exportations, affirme cette source, permettant aux agriculteurs grecs de surmonter l'obstacle majeur que représente depuis l'été dernier l'embargo alimentaire décidé par la Russie en réponse aux sanctions européennes dans la crise ukrainienne.

Le Premier ministre Alexis Tsipras, qui a entamé mercredi une visite de deux jours à Moscou, et le président russe Vladimir Poutine, qui l'a reçu, ont également évoqué la possibilité que la Russie participe au financement de la construction d'un gazoduc dans le nord de la Grèce, a affirmé cette source.

La Russie pourrait, selon cette source, avancer à la Grèce les futures recettes attendues de ce projet et elle serait remboursée à partir de 2019 quand le gazoduc commencerait à fonctionner et rapporterait à la Grèce des milliers de millions d'euros.

Exportations de produits agricoles et questions énergétiques étaient deux des principaux sujets de la rencontre entre Alexis Tsipras et Vladimir Poutine.

Ce dernier a signifié durant une conférence de presse que concernant la levée de l'embargo, nous ne pouvons pas faire d'exception pour un seul pays de l'Union européenne.

Mais M. Poutine a également évoqué la création de ces sociétés communes pour exporter les pêches, les fraises, les kiwis et les citrons grecs dont la Russie constitue un important débouché.

Après l'abandon soudain de South Stream, son projet de gazoduc vers le sud de l'Europe, Moscou a décidé d'en construire un vers la Turquie, appelée à devenir un pays de transit du gaz russe à la place de l'Ukraine. C'est ce gazoduc prévu de s'arrêter à la frontière turco-grecque que le gouvernement Tsipras souhaiterait prolonger sur son territoire pour faire de la Grèce un important centre de distribution de gaz naturel, selon cette source.

La visite d'Alexis Tsipras se poursuit jeudi avec notamment une rencontre entre le Premier ministre grec et son homologue russe Dmitri Medvedev.

(©AFP / 09 avril 2015 01h36)