Projet nucléaire hungaro-russe : l'UE donne son feu vert

Budapest - L'Union européenne a formellement validé les modalités d'approvisionnement en combustible de deux réacteurs nucléaires que Budapest veut construire en partenariat avec la Russie à partir de 2018, a annoncé lundi un porte-parole du gouvernement hongrois.

Fondamentalement, tous les obstacles ont été levés pour la mise en oeuvre de ce projet de quelque 12,5 milliards d'euros, a annoncé ce porte-parole, Janos Lazar.

Ce feu vert a été confirmé lundi à l'AFP par une source européenne à Bruxelles.

La Hongrie et la Russie ont signé en janvier 2014 un accord controversé pour l'adjonction de deux nouvelles tranches de 1.200 MW chacune à l'unique centrale nucléaire hongroise, située à Paks, près de Budapest.

L'agence nucléaire européenne Euratom avait contesté cet hiver les modalités d'approvisionnement des futurs réacteurs par une source unique, en l'occurrence russe.

Les trois parties étaient parvenues fin mars à un compromis sur un approvisionnement russe limité à dix ans, et non vingt comme initialement prévu. Ce compromis devait encore être formellement entériné.

L'opposition hongroise a critiqué un manque total de transparence dans l'attribution, sans appel d'offre, de Paks II au groupe russe Rosatom. Le secret entourant ce contrat a été fixé à 30 ans.

Les détracteurs s'interrogent en particulier sur les modalités de financement du projet, qui s'accompagne d'un prêt allant jusqu'à 10 milliards d'euros de la part de Moscou, une capitale dont le Premier ministre conservateur hongrois Viktor Orban est réputé proche.

Le chantier doit commencer en 2018 et le premier réacteur entrer en service en 2023. La centrale de Paks, dont les réacteurs actuels sont vieillissants, fournit aujourd'hui 40% de la consommation d'électricité de la Hongrie.

(©AFP / 20 avril 2015 18h07)