Purges en Turquie: liberté conditionnelle pour une universitaire en grève de la faim (avocat)

Ankara - Un tribunal d'Ankara a condamné vendredi une universitaire en grève de la faim depuis mars pour contester son limogeage dans le cadre des purges post-putsch manqué de 2016, mais a ordonné sa remise en liberté conditionnelle dans l'attente de son jugement en appel, a annoncé à l'AFP l'un de ses avocats.

Le tribunal a condamné Nuriye Gülmen à 6 ans et 3 mois d'emprisonnement, a déclaré Me Omer Faruk Eminagaoglu. Elle est accusée d'appartenance au DHKP-C, un groupuscule d'extrême gauche classé "terroriste" par Ankara ainsi que Bruxelles et Washington.

La jeune femme de 35 ans devait sortir dans la soirée de l'hôpital d'Ankara où elle est détenue en soins intensifs depuis septembre.

Le juge a en revanche ordonné l'abandon des charges contre l'enseignant Semih Özakça, jugé dans le cadre de la même affaire mais qui avait lui été libéré au cours d'une précédente audience en octobre.

Les deux enseignants, arrêtés en mai, sont devenus l'un des symboles des plus de 140.000 personnes, dont des professeurs, des magistrats et des militaires, limogées ou suspendues dans le cadre des purges lancées après le putsch avorté du 15 juillet 2016.

Après avoir appris leur limogeage par décret-loi, Mme Gülmen et M. Özakça avaient lancé des manifestations quotidiennes dans le centre-ville d'Ankara avant d'entamer le 9 mars une grève de la faim, refusant toute alimentation en dehors d'eau sucrée et salée, de tisanes et de vitamine B1.

Les proches de Mme Gülmen ont à plusieurs reprises tiré la sonnette d'alarme sur son état de santé.

Plus de 50.000 personnes ont également été arrêtées dans le cadre des purges lancées par le gouvernement qui impute la tentative de coup d'Etat au prédicateur Fethullah Gülen, installé aux Etats-Unis et qui nie toute implication.


(©AFP / 01 décembre 2017 20h10)
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