Quelques milliers de manifestants et des échauffourées à Paris contre les "violences policières"

Paris - Plusieurs milliers de personnes ont manifesté dimanche après-midi à Paris contre les "violences policières" à l'appel de plusieurs organisations, quelques semaines après l'"affaire Théo" qui avait entraîné des violences urbaines dans la banlieue de la capitale française.

La manifestation, qui a réuni 7.000 à 7.500 personnes selon la préfecture de police, a été émaillée de quelques échauffourées entre certains participants cagoulés et forces de l'ordre, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Lors d'une marche dans l'est de Paris, les protestataires ont scandé des slogans tels que "Police partout, justice nulle part !" ou "urgence, urgence, la police assassine en toute impunité !". Sur des pancartes, on pouvait lire : "Les bamboulas, les bougnouls, les niakoués (...) vous emmerdent".

Début février, Théo, un jeune noir de 22 ans, avait été grièvement blessé à l'anus par une matraque pendant son interpellation par quatre policiers, dont l'un a été inculpé de viol. L'affaire avait entraîné plusieurs nuits de violences urbaines dans des villes de la banlieue parisienne.

"Nous voulons que justice soit faite. Le meurtrier de mon frère a été condamné mais il reste encore d'autres familles pour qui ce n'est pas le cas", a expliqué au micro un des organisateurs, Amal Bentounsi, soeur d'Amine, tué d'une balle dans le dos par un policier condamné en appel à cinq ans de prison avec sursis.

"Il y a trop de meurtres policiers, il faut que ça cesse", a plaidé Fatiha Bouras, qui se présente comme la mère d'une victime. "C'est que des Maghrébins et des Blacks qui meurent", a-t-elle dit.

Alors que la manifestation se déroulait dans le calme, un millier de personnes encagoulées et membres de groupes d'extrême gauche, selon une source policière, ont toutefois perturbé son déroulement en fin de cortège.

Des projectiles et des cocktails Molotov ont été lancés sur les forces de l'ordre, qui ont riposté par des tirs de gaz lacrymogènes, a constaté l'AFP.

Deux gendarmes ont été légèrement blessés et transportés à l'hôpital, selon la préfecture de police.

Plusieurs concerts étaient prévus jusqu'à minuit place de la République

La première grande manifestation contre les violences policières avait rassemblé en octobre 2015 entre 3.500 et 10.000 personnes selon les sources. C'était exactement dix ans après de grandes émeutes en banlieue parisienne consécutives à la mort de deux adolescents dans un transformateur électrique tandis qu'ils tentaient de fuir la police en banlieue.


(©AFP / 19 mars 2017 19h43)

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