Réacteur EPR de Flamanville: la CGT doute qu'il démarre en 2017

Cherbourg - La CGT ne croit pas beaucoup au démarrage en 2017 du réacteur nucléaire EPR en construction à Flamanville (Manche), a indiqué mardi le syndicat en référence à la date donnée par EDF en novembre lorsque la société a annoncé une année supplémentaire de retard pour ce chantier.

2017, on n'y croit pas beaucoup, a affirmé Christophe Cuvilliez, secrétaire de la section CGT de l'EPR, lors d'une conférence de presse à Cherbourg sur la loi de transition énergétique que le syndicat considère comme une loi de privatisation de l'énergie.

J'ai des doutes très sérieux. 2017 c'est demain. Et là, on ne travaille que quatre jours par semaine, a précisé M. Cuvilliez, interrogé par l'AFP après la conférence de presse.

Le 18 novembre EDF avait annoncé que le démarrage de l'installation est désormais prévu en 2017 contre 2016 jusqu'alors.

Le groupe nucléaire avait expliqué ce nouveau retard pour ce réacteur troisième génération prévu au départ pour 2012, par des difficultés rencontrées par le concepteur du réacteur, Areva notamment, sur la livraison du couvercle de la cuve de réacteur.

Sur le couvercle, ils (la direction, ndlr) sont plutôt optimistes mais ils ne nous donnent pas d'éléments techniques, a ajouté M. Cuvilliez.

Selon lui, trois scénarios sont envisagés: soit Areva parvient à terminer le couvercle qu'elle est train de construire pour Flamanville, soit on prend le couvercle destiné à un des deux réacteurs EPR en construction à Taïshan en Chine, si les Chinois veulent bien, sinon on refait un nouveau couvercle et on prend trois ans de retard supplémentaires.

En revanche, le problème de soudure sur le générateur de vapeur, évoqué pour la première fois le 6 novembre par EDF, est a priori réglé. La direction est très optimiste sur le fait qu'elle va obtenir le feu vert de l'autorité de sûreté de nucléaire sur ce point, a dit M. Cuvilliez.

L'EPR de Flamanville est le seul réacteur en construction en France, où la ministre de l'Ecologie Ségolène Royal a plaidé le 13 janvier dans l'Usine nouvelle pour la construction d'une nouvelle génération de réacteurs, une première pour un membre du gouvernement.

En revanche, d'autres EPR sont en en construction dans le monde: deux à Taïshan (Chine), chantier le plus avancé, et un à Olkiluoto (Finlande) qui doit entrer en service en 2018, avec neuf ans de retard sur le calendrier initial. Aucun ne fonctionne encore.

clc/am/els

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(©AFP / 27 janvier 2015 17h36)