Richemont voit ses ventes progresser de 10% sur cinq mois

(synthèse actualisée avec cours de clôture)

Zurich (awp) - Richemont a enregistré sur les cinq premiers mois de l'exercice décalé 2017/2018 un chiffre d'affaires en nette progression, après une difficile année 2016/2017. La joaillerie et l'Asie-Pacifique en particulier ont contribué à cette performance, a indiqué mercredi le spécialiste genevois de produits de luxe.

Durant la période sous revue, clôturée fin août, les ventes ont enflé de 10% en euros et de 12% à taux de change constant (tcc). En excluant les rachats de stocks réalisés l'année dernière, le chiffre d'affaires est ressorti en hausse de 7%.

Les résultats sont quelque peu supérieurs au consensus AWP. Les analystes interrogés tablaient sur une progression de 10% à tcc et de 9% en euros.

La division horlogerie, constituée notamment de Piaget, IWC et Vacheron Constantin, s'est étoffée de 7% à tcc et de 6% en euros. Quant à la joaillerie, incluant les marques Cartier et Van Cleef & Arpels, elle s'est envolée de 17% tcc et de 16% dans la monnaie unique européenne, a précisé le groupe dans un communiqué. La division "autres", qui comprend notamment Montblanc, a aussi avancé, a indiqué Richemont sans plus de détail.

L'ASIE-PACIFIQUE CARTONNE

En termes géographiques, l'Asie-Pacifique (+23% tcc et +22% en euros) a en particulier porté ces résultats. La plupart des marchés de cette région ont observé une avancée à deux chiffres, y compris la Chine et Hong Kong, pays où Richemont avait dû procéder à des rachats de stocks l'année dernière.

L'Europe (+3% tcc et en euros) affiche un visage plus contrasté entre les différents pays. L'appréciation de l'euro a freiné les dépenses des touristes tandis que la faiblesse de la livre britannique les a boostées, relève le propriétaire de Cartier.

Les Amériques (+9% à tcc en en euros) et le Japon (+11% tcc et +6% en euros)ont également crû. Dans l'archipel, les ventes ont gagné du terrain grâce aux achats des locaux mais aussi des touristes. Le Moyen-Orient/Afrique (+2% tcc et +1% en euros) a pour sa part été freiné quelque peu par les incertitudes géopolitiques.

Les recettes générées dans le réseau de distribution de Richemont ont augmenté de 12% à tcc et 10% en euros, grâce notamment à l'Asie-Pacifique, le Japon et les Amériques. Les réouvertures des boutiques Cartier à New York et Tokyo ont aussi contribué à cette tendance.

Quant à la hausse des recettes de 11% engrangée via les détaillants, elle est portée par le rachat des stocks réalisé par Richemont l'année dernière.

Comme à son habitude, le groupe n'a pas émis d'objectifs pour l'année en cours.

Lors de l'assemblée générale à Genève, les actionnaires ont voté en faveur de toutes les propositions du conseil d'administration, dont la hausse du dividende de 10 centimes à 1,80 CHF par action. Ils ont approuvé huit nouveaux membres au conseil d'administration dont le directeur des opérations (COO) Jérôme Lambert, le nouveau directeur financier (CFO) Burkahrt Grund et l'un des fils du président, Anton Rupert.

SOLIDE RÉTABLISSEMENT

L'entreprise affiche un solide rétablissement, a estimé Baader Helvea, avant de rappeler cependant que la base de comparaison était favorable.

La Banque cantonale de Zurich (ZKB) a aussi salué cette performance supérieure à ses attentes. L'établissement a souligné le bon mélange produit et la forte progression de la joaillerie présentant de hautes marges.

Richemont se défend mieux que ses concurrents, a précisé la ZKB. L'américain Tiffany a observé une croissance organique de 4% de mai à juin et les exportations horlogères ont pris 3% durant cette période, rappelle la banque.

L'analyste de Vontobel va dans le même sens que ses collègues et va revoir à la hausse ses prévisions de résultats et l'objectif de cours. L'établissement privé zurichois prévoit cependant un certain ralentissement au deuxième semestre, les rachats de stocks ayant eu lieu durant les six premiers mois de l'exercice 2016/2017.

Malgré de bons résultats, l'action a terminé en recul de 1,2% à 87,85 CHF, dans un SMI stable. Des prises de bénéfices seraient responsables de ce repli, selon des courtiers. L'action a en effet beaucoup progressé ces derniers mois et s'est rapprochée de son plus haut d'il y a quatre ans.

lk/jh/al

(AWP / 13.09.2017 18h07)
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