Robin des Bois assimile les projets de parcs éoliens en mer à des EPR

Brest - L'ONG Robin des Bois assimile le projet de parc éolien au large de Saint-Nazaire et les projets similaires à des EPR, le réacteur nucléaire d'EDF dont la construction à Flamanville va de revers en revers, dans un document dont l'AFP a eu connaissance mardi.

Le projet de parc éolien au large de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), mené par EDF et le producteur d'énergie danois Dong, en association avec Alstom, comme les autres de la même catégorie, sera un EPR de l'éolien, dénonce l'association écologiste.

Ce projet prévoit l'installation et l'exploitation, à l'horizon 2018, de 80 éoliennes, de 6 mégawatts chacune, à une douzaine de kilomètres de la côte.

La capacité d'autofinancement d'EDF est restreinte, note l'association, pour laquelle le devis initial (deux milliards d'euros, démantèlement inclus après une période de 25 ans d'exploitation, ndlr) et les délais annoncés seront très largement dépassés.

La provision de 24 millions d'euros exigible pour le démantèlement du parc et la remise en état du site est dérisoire, estime-t-elle, jugeant en outre qu'à ce jour, le recyclage des pales en matériaux composites est impossible.

Les éoliennes prévues pour ce parc, des Haliade 150, les plus puissantes au monde, bénéficient en outre d'un retour d'expérience insuffisant, selon l'ONG.

Le chapitre sécurité maritime du dossier +enquête publique+ est le plus indigent et, d'une certaine manière, le plus inquiétant, estime l'association. Celle-ci considère en effet qu'il omet le risque d'une catastrophe maritime dans une zone proche du port de Nantes Saint-Nazaire, alors que celui-ci accueille chaque année plus de 3.000 escales de navires marchands.

Dégradation de l'habitat, turbidité de l'eau, perturbations acoustiques, pollutions lumineuses... l'association regrette également que les effets cumulés des différents projets de parcs éoliens, sur la façade Atlantique et en Manche, ne soient pas pris en compte.

Tout en soulignant un arrosage financier aboutissant à la neutralisation des oppositions éventuelles, l'association estime que les parcs éoliens en mer sont un cheval de Troie de l'installation progressive d'autres activités industrielles sur le compartiment marin.

On n'est pas opposés à cet axe éolien, mais on trouve que ça va trop vite et que certains risques ne sont pas assez pris en considération, a expliqué à l'AFP Jacky Bonnemains, porte-parole de l'association écologiste, qui compte alerter prochainement contre les projets de parcs éoliens au large de Courseulles-sur-Mer (Calvados) et Fécamp (Seine-Maritime), également menés par EDF.

Une enquête publique est actuellement en cours pour ces deux parcs, de même que pour celui de Saint-Nazaire.

(©AFP / 22 septembre 2015 18h30)