Russie: enquête criminelle après une émission toxique à Moscou

Moscou - Une enquête criminelle a été ouverte à Moscou après une forte émission dans l'air de substances toxiques lundi, imputée à une raffinerie de pétrole locale qui est désormais menacée de fermeture temporaire, a annoncé mercredi le parquet de la capitale russe.

Une enquête criminelle pour pollution de l'atmosphère a été ouverte après qu'une forte concentration de sulfure d'hydrogène -- un gaz inflammable, incolore et très toxique -- et d'isopropylbenzène avait été enregistrée lundi à Moscou, a précisé le parquet dans un communiqué.

Les habitants de Moscou se sont plaints lundi d'une odeur très désagréable, au centre comme en périphérie, alors que des médias russes ont diffusé des photos et vidéos montrant un épais brouillard dans certains quartiers de la capitale.

Des inspections des autorités de surveillance écologique lancées dans la foulée ont notamment visé la raffinerie de pétrole Moskovski appartenant à Gazprom Neft, branche pétrolière du géant énergétique Gazprom, selon le parquet de Moscou, précisant que ces procédures se poursuivent.

Le ministère russe des Ressources naturelles a affirmé mardi qu'une concentration plusieurs fois supérieure à la norme avait été détectée dans les émissions de la raffinerie Moskovski.

L'analyse chimique de deux échantillons de l'air dans la zone adjacente à la raffinerie Moskovski a montré que la concentration d'isopropylbenzène était respectivement 23 et 30 fois supérieure aux limites admissibles, a indiqué le ministère dans un communiqué.

La raffinerie Moskovski a été officiellement désignée la responsable dans le scandale autour de la récente pollution de l'air à Moscou, écrit mercredi le quotidien russe Kommersant.

La raffinerie a émis des substances toxiques dans l'atmosphère sans en avoir l'autorisation selon le ministère des Ressources naturelles (...) et elle est désormais menacée non seulement d'amende, mais aussi de fermeture pour 90 jours, souligne le journal.

Pour sa part, Gazprom Neft rejette toutes les accusations. L'isopropylbenzène n'est pas utilisé à la raffinerie Moskovski (...) qui ne peut donc pas être la source d'émission de cette substance dans l'atmosphère, a affirmé le groupe dans un communiqué, cité par l'agence officielle Tass.

D'autres entreprises, parmi lesquelles l'opérateur de l'eau Mosvodokanal, l'usine de coke et de gaz Moskoks et la compagnie du gaz de Moscou Mosgaz, font également l'objet des inspections en raison de l'incident dans la capitale, selon l'Agence russe de surveillance écologique (Rosprirodnadzor).

Les conclusions définitives seront faites après l'analyse de tous les échantillons de l'air (pris dans le cadre des inspections, NDLR) et des documents de contrôle technique que doivent fournir à Rosprirodnadzor les entreprises pollueuses de la capitale, a précisé le ministère des Ressources naturelles dans un communiqué.

(©AFP / 12 novembre 2014 13h01)