Sanchez accuse les séparatistes catalans de "mentir" comme les Brexiters

Madrid - Le chef du gouvernement espagnol Pedro Sanchez, qui a brutalement changé de ton à l'égard des indépendantistes catalans, les a accusés de "mensonges" mercredi, en les comparant aux partisans du Brexit.

Lors d'une longue intervention devant le parlement, M. Sanchez a établi un parallèle entre les indépendantistes catalans et les avocats du Brexit, les deux mouvements étant selon lui basés "sur un récit de griefs inventés et amplifiés par la manipulation".

Le Brexit, qui "a commencé sur une grotesque campagne de mensonges et de désinformation sans précédent", et le mouvement indépendantiste catalan "évoluent sur des chemins parallèles et avec des rhétoriques similaires", a-t-il jugé.

"On oblige (la population) à choisir entre être européen ou britannique, espagnol ou catalan quand nous avons vécu avec ces identités et bien d'autres depuis des décennies", a-t-il ajouté.

Adoptant un ton particulièrement dur envers les séparatistes, qui lui ont permis d'arriver au pouvoir en juin, le socialiste les a accusés de "ne plus avoir que le mensonge pour soutenir leurs positions politiques".

"Ces derniers jours, nous avons entendu de la part de certains dirigeants indépendantistes une rhétorique incendiaire et inacceptable", a poursuivi Pedro Sanchez avant de les avertir que "tout ce qui sort (du cadre) de la Constitution" recevrait une "réponse ferme".

Pedro Sanchez faisait référence aux déclarations du président indépendantiste régional Quim Torra qui a exhorté samedi les Catalans à suivre l'exemple de la Slovénie qui avait déclenché un conflit meurtrier en proclamant unilatéralement son indépendance de la Yougoslavie en 1991.

Ainsi qu'à l'inaction de la police régionale face à des militants séparatistes radicaux qui ont coupé samedi une autoroute pendant 15 heures. Madrid a averti lundi le gouvernement régional qu'il reprendrait en main le maintien de l'ordre en Catalogne si les autorités locales étaient incapables de le faire.

"Revendiquer comme le font les indépendantistes catalans (...) la voie slovène dénote une méconnaissance de l'histoire, une manipulation inacceptable", a encore dit Pedro Sanchez.

Alors que les indépendantistes catalans, sans qui M. Sanchez n'a pas de majorité au parlement, ont soutenu son investiture en juin, ils refusent désormais d'approuver le budget après les lourdes réquisitions du parquet contre leurs ex-dirigeants jugés prochainement pour leur rôle dans la tentative de sécession d'octobre 2017.

Initialement conciliant, M. Sanchez, qui pourrait selon de nombreux observateurs convoquer des élections anticipées prochainement, a brutalement changé de ton ces derniers jours.

Ce revirement est notamment dû au fait que sa politique d'apaisement, violemment dénoncée par la droite, a été l'une des raisons principales de la débâcle des socialistes aux élections régionales en Andalousie le 2 décembre.

(©AFP / 12 décembre 2018 11h26)