Six Français sur dix pour la fin de l’emploi à vie des fonctionnaires

Le ministre de l'Action et des comptes publics, Gérald Darmanin (d) et son secrétaire d'Etat Olivier Dussopt, le 17 octobre 2018 / © AFP/Archives / JACQUES DEMARTHON
Près de six Français sur dix sont favorables à la fin de l'emploi à vie dans la fonction publique, selon un baromètre Odoxa pour BFM Business, Challenges et Aviva Assurances publié jeudi.

Alors que la réforme de la fonction publique dans les cartons du gouvernement vise à élargir "largement" le recrutement hors statut - garant de la "sécurité de l'emploi" -, 59% des sondés se disent en faveur de la fin de l'emploi à vie, d'après cette enquête d'opinion.

Une estimation nuancée par un deuxième sondage diffusé jeudi dans la journée: 53% des Français s'y disent simplement favorables à davantage de recours aux contractuels, selon une enquête réalisée par Elabe pour Les Echos, Radio Classique et l'Institut Montaigne.

Entre 58% (sondage Elabe) et 78% (Odoxa) des personnes interrogées veulent la mise en place d'un "plan de départs volontaires" dans la fonction publique.

Une expression régulièrement utilisée par le ministre de l'Action et des comptes publics, Gérald Darmanin, même si la réforme à venir prévoit plutôt des dispositifs durables d'aide au départ, sans ouverture de guichet comme dans le privé.

Sur la question des retraites, près de trois Français sur quatre (73%) sont "plutôt favorables" à un "alignement" des régimes et à la "fin des régimes spéciaux de retraites" des fonctionnaires, d'après l'enquête Odoxa.

Une proposition dans la droite ligne du système de retraite universel annoncé par l'exécutif, dans lequel "un euro cotisé vaudra les mêmes droits pour chaque Français".

En matière de rémunération des fonctionnaires, près de deux sondés sur trois (63% selon les deux sondages) se disent en faveur de primes "au mérite" ou liées à "l'implication".

L'"individualisation plus forte" de la rémunération est l'un des axes de la réforme de la fonction publique à venir.

- santé, police, éducation plébiscitées -

Une majorité moins nette (54%, étude Odoxa) se déclare favorable à la "diminution globale du nombre de fonctionnaires", une des promesses de campagne d'Emmanuel Macron qui a fixé un objectif de 120.000 suppressions de postes d'ici 2022.

Mais selon le sondage Elabe, si 55% sont pour la suppression de 50.000 emplois dans la fonction publique d'État visée par l'exécutif à l'horizon 2022, seulement 46% sont en accord avec l'objectif de 70.000 postes de fonctionnaires supprimés dans les collectivités locales.

Aucune majorité non plus ne se dégage sur les secteurs où diminuer le nombre d'agents publics: au contraire, pour les 17 domaines proposés - de la justice au sport en passant par le logement - plus de 50% des sondés souhaitent au moins garder le même nombre d'effectifs.

Une majorité de répondants déclare même vouloir augmenter les emplois de fonctionnaires dans la santé (77%), la sécurité intérieure (76%), l'éducation (67%), la justice (66%) et la défense (51%).

Plus consensuelle, la publication d'indicateurs de résultats et de satisfaction pour chaque service public, annoncée par le gouvernement dans les prochaines années, remporte une franche adhésion des sondés, près des trois quarts (72%) y sont favorables, toujours selon Elabe.

L'enquête Odoxa a été réalisée par internet les 30 et 31 octobre 2018 et porte sur un échantillon de 988 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

Le sondage Elabe a été effectué en ligne les 6 et 7 novembre 2018 auprès d'un échantillon de 1.005 personnes, lui aussi représentatif.



(©AFP / (08 novembre 2018 18h01)


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