Sofia exige une minorité de blocage dans l'opérateur stratégique CEZ-Bulgaria

Sofia - Le gouvernement bulgare a exigé jeudi une "minorité de blocage" au sein du capital du principal opérateur énergétique privé du pays, CEZ-Bulgaria, après sa cession controversée à une société locale de faible envergure par son propriétaire tchèque.

"Nous avons clairement exprimé notre volonté de participer (...) à ce contrat", a déclaré le ministre des Finances Vladislav Goranov après une rencontre jeudi entre le Premier ministre Boïko Borissov et Guinka Varbakova, patronne de la société acheteuse, Inercom.

L'annonce de la cession du plus grand grand groupe de distribution d'énergie du pays à cette société peu connue a suscité la semaine dernière un scandale politique en Bulgarie et conduit la ministre de l'Energie, qui a reconnu être une proche de Mme Varbakova, à présenter sa démission.

Plusieurs experts et députés de l'opposition ont relevé ces derniers jours "le danger" de vendre à Inercom une société "de caractère stratégique" desservant 3 millions d'habitants dont ceux de la capitale.

Les actifs déclarés d'Inercom, qui exploite des centrales éoliennes, se chiffrent à 90 millions d'euros, soit le quart de la valeur estimée de CEZ Bulgaria.

"Si (Inercom) n'arrive pas à rembourser son crédit, ceux qui ont financé le contrat - probablement avec des capitaux russes - deviendront propriétaires" de CEZ, estime Krassen Stantchev, de l'Institut d'économie du marché à Sofia.

M. Goranov a toutefois relevé jeudi que la situation était "délicate", concernant une transaction "entre deux entités privées indépendantes de la volonté de l'Etat".

Mme Varbakova, qui doit être entendue dans la journée par deux commissions parlementaires, s'est néanmoins déclarée "encline à accepter une participation de l'Etat (bulgare) dans le contrat" et a précisé qu'elle informerait CEZ "de la situation qui s'est créée".

Le contrat controversé a fait l'objet d'échanges intenses entre les Premiers ministres de Bulgarie et de la République tchèque, laquelle est actionnaire majoritaire de CEZ.

Le chef du gouvernement tchèque, Andrej Babis, a confié au journal tchèque Lidové Noviny désapprouver la vente à Inercom, tout en assurant n'avoir "pas trop de possibilités de résoudre la situation".

"J'ai critiqué depuis le début les managers de CEZ pour leur action dans les Balkans. Je considère leurs transactions comme désavantageuses, non transparentes et bizarres", a-t-il assuré, tout en soulignant que "CEZ est un Etat dans l'Etat".

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(©AFP / 01 mars 2018 12h25)