SoftBank Corp bat le record de la plus grosse entrée en Bourse au Japon

Tokyo - SoftBank Corp, filiale de télécoms mobiles du géant japonais SoftBank Group a fait des premiers pas sans fanfare en Bourse mercredi à Tokyo, mais la levée de fonds réalisée par sa maison-mère est néanmoins la plus importante jamais réalisée au Japon tous secteurs confondus.

SoftBank Group a confirmé à l'AFP avoir vendu l'intégralité des titres proposés (sur-allocation comprise), soit 1,76 milliard d'actions à 1.500 yens pièce, pour un total de quelque 26.400 milliards de yens (20,3 milliards d'euros).

Il s'agit d'un record sur le marché au Japon lors d'une entrée en Bourse, dépassant les sommes constatées pour l'opérateur historique NTT (maison-mère) en 1987 et NTT Docomo (sa filiale mobile) en 1998.

Cependant, le cours affiché à l'ouverture était inférieur à ce prix d'introduction. L'action SoftBank valait alors 1.463 yens, soit quand même une capitalisation boursière d'environ 7.000 milliards de yens (54 milliards d'euros.)

Par la suite, le titre évoluait sous les 1.400 yens, tombant même à 1.344 yens (10,4% sous le prix d'introduction) après 5 minutes de transactions.

"L'appétit des particuliers n'est pas forcément très élevé pour une filiale quand la maison-mère est déjà cotée", a commenté un analyste d'une maison de courtage.

"De plus, l'environnement des télécoms mobiles devrait être plus difficile en raison de la pression du gouvernement pour que les tarifs baissent", a-t-il ajouté.

- "Plus d'autonomie" -

Cette entrée en Bourse intervient en effet au moment où une nouvelle guerre tarifaire va s'amorcer, le numéro un du secteur au Japon, NTT Docomo, ayant indiqué il y a quelques semaines qu'il allait baisser ses tarifs de 20 à 40%, une offensive à laquelle les concurrents vont être forcés de répondre.

Le patron de SoftBank Group, Masayoshi Son, a dit qu'il suivrait en partie mais en ayant néanmoins toujours à coeur de servir les intérêts des actionnaires.

En étant cotée, cette filiale mobile est censée avoir "plus d'autonomie" pour "développer sa propre stratégie de croissance", souligne la direction.

Cela fait une douzaine d'années que l'ex-division japonaise périclitante de Vodafone, rachetée par SoftBank à un prix jugé à l'époque excessif, mène la vie dure aux autres grands opérateurs de services de télécoms mobiles japonais que sont NTT Docomo et KDDI.

C'est peu dire que SoftBank a rebattu les cartes, en tissant des liens avec des partenaires qui étaient exclus auparavant du jeu, comme Apple, dont l'iPhone est entré au Japon, avec retard, grâce à Masayoshi Son. Et ce n'est qu'un exemple. Si bien que la réputation de "briseur de situation acquise", qu'il avait déjà décrochée en bouleversant auparavant le marché de l'internet fixe, lui vaut une aura hors pair.

D'après S & P Global Ratings, l'introduction en Bourse "soulignera davantage la transition de SoftBank vers une société de portefeuilles d'investissement appartenant à un groupe diversifié" entrant au capital de multiples sociétés, via désormais son outil-phare: le SoftBank Vision Fund, doté d'environ 100 milliards de dollars.

bur-kap/plh

SOFTBANK GROUP

(©AFP / 19 décembre 2018 01h15)