Suppressions d'emplois chez Nokia France: les syndicats reçus à Bercy

Benjamin Griveaux (3ème en partant de la droite) reçoit les représentants du personnel de Nokia le 14 septembre au ministère des finances / © AFP / ERIC PIERMONT
Venus exposer à Bercy la "duperie" de Nokia, qui a annoncé la semaine dernière plusieurs centaines de suppressions d'emplois supplémentaires en France, contrairement aux engagements pris, les syndicats ont salué une "bonne écoute" du gouvernement, qui n'a pas fait d'"annonce", ni pris "d'engagement" pour l'instant.

Le secrétaire d'Etat à l'Economie Benjamin Griveaux avait indiqué qu'il recevrait jeudi syndicats, élus et direction. Finalement, les responsables français du géant finlandais des équipements télécoms ne seront reçus que la semaine prochaine. Une "réunion tripartite se tiendra avant fin septembre", ont indiqué les syndicats à la sortie de la réunion, accompagnés de quelques élus.

C'était "une première réunion, rien d'extraordinaire", a résumé Pascal Guéhéneuf (CFDT) tout en faisant part d'une "bonne écoute" de M. Griveaux, avec de "vrais échanges", a renchéri son homologue de la CFE-CGC Frédéric Aussédat. Mais le secrétaire d'Etat n'a "pas pris d'engagement" avant de rencontrer la direction de Nokia, a ajouté M. Aussédat. Il n'y a eu "aucune annonce", a déploré Claude Josserand (CGT).

Nokia a annoncé le 6 septembre la suppression de 597 emplois supplémentaires en France d'ici 2019. Un plan auquel s'ajoutent 100 départs volontaires, selon la CFE-CGC. Quelque 400 postes avaient déjà été supprimés l'an dernier.

Les syndicats étaient venus demander au gouvernement de "faire respecter la parole donnée" par Nokia lors du rachat d'Alcatel Lucent début 2016. Le groupe finlandais s'était alors engagé à maintenir les effectifs à hauteur de "4.200 pendant deux ans", selon l'intersyndicale. Un engagement non tenu, une "duperie", puisque les effectifs actuels sont de "3.941", a précisé M. Guéhéneuf.

En cause, des embauches qui devaient être faites dans le secteur de la recherche et développement pour porter son effectif à 2.500. Sur les 500 prévues, seule une centaine ont été réalisées, selon les syndicats.

Ces derniers voudraient que le plan social soit bloqué "tant que le niveau de 4.200 n'est pas atteint", a expliqué M. Josserand, qui a évoqué un "cas de dumping social", les emplois touchés (fonctions centrales et support) devant être délocalisés dans des pays à bas coûts selon les syndicats.

Au-delà, l'intersyndicale attend aussi des engagements sur la "pérennité de l'activité" en France et sur la "stratégie". "Le seul avenir qu'on nous offre aujourd'hui, c'est la 5G", aucun engagement "n'est tenu" par exemple "sur la cybersécurité", a souligné M. Aussedat.



(©AFP / 14 septembre 2017 16h37)
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