Suspension d'un referendum sur les prospections pétrolières aux Canaries

Madrid - La région espagnole des Canaries a suspendu vendredi l'organisation d'un référendum le 23 novembre dans l'archipel touristique contre des prospections pétrolières en mer, que le gouvernement espagnol va contester devant le Tribunal Constitutionnel.

Le gouvernement régional suspendra la procédure jusqu'à ce que le Tribunal Constitutionnel se prononce sur la pertinence de la suspension par précaution, a-t-il affirmé dans un communiqué.

La région se dit toutefois confiante que le Tribunal constitutionnel validera la consultation citoyenne sur les prospections pétrolières, considérant qu'elle est totalement légale et qu'elle n'est contraire à aucun principe de la Constitution espagnole.

Les autorités régionales et les écologistes s'opposent vigoureusement à ce que la compagnie pétrolière espagnole Repsol, qui a obtenu un permis du gouvernement, prospecte au large de ses côtes.

Le gouvernement local précise anticiper une suspension automatique et par précaution induite par le recours annoncé par le gouvernement conservateur espagnol vendredi.

Madrid s'appuie sur le même article de la Constitution que celui qu'il a invoqué contre le referendum sur l'indépendance que voulait organiser la Catalogne le 9 novembre.

Le Conseil des ministres a signé aujourd'hui les documents pour déposer un recours auprès du Tribunal constitutionnel contre deux décrets du gouvernement des Canaries qui prévoient un référendum le 23 novembre, a expliqué la porte-parole du gouvernement, Soraya Saenz de Santamaria.

Comme en Catalogne, le recours suspendra automatiquement les textes attaqués, ce qui plongerait donc l'organisation de ce vote dans l'illégalité, a ajouté la numéro deux du gouvernement, lors d'une conférence de presse.

Selon elle, la constitution prévoit que l'organisation de referendum qui touchent aux intérêts nationaux n'est pas du ressort des régions. Nous parlons de compétences qui ne reviennent pas au gouvernement des Canaries mais à l'Etat. Il n'y a pas de marge de négociation, a-t-elle tranché.

A la tête de la coalition nationaliste de centre droit Coalicion Canaria, le président des Canaries, Paulino Rivero, compte demander aux habitants de l'archipel: Pensez-vous que les Canaries doivent changer leur modèle environnemental et touristique pour privilégier les prospections de gaz ou pétrolières?

Autorités locales et associations écologistes sont vent debout contre le projet. Sous le mot d'ordre Nous vivons ici, nous décidons ici, des milliers de personnes ont manifesté le 18 octobre dans tout l'archipel contre les plans du groupe espagnol Repsol.

Le gouvernement a accordé à la mi-août à Repsol un permis de prospection pétrolière à une cinquantaine de kilomètres au large des côtes des îles de Lanzarote et de Fuerteventura. Valable pour trois ans, il autorise des forages exploratoires à une profondeur allant de 3 à 7 kilomètres.

L'entreprise devra en contrepartie constituer une garantie de 20 millions d'euros pour couvrir ses responsabilités environnementales et arrêter ses opérations en cas d'activité sismique supérieure à 4,5 sur l'échelle de Richter dans la région.

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REPSOL

(©AFP / 24 octobre 2014 20h22)