Syrie: Idleb pourrait être "six fois pire" que la Ghouta, selon l'ONU

Nations unies (Etats-Unis) - "Si le scénario de la Ghouta se répéte à Idleb, il pourrait être six fois pire" en termes de destruction et de victimes, a affirmé mercredi au Conseil de sécurité l'envoyé spécial de l'ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura.

Le scénario est devenu classique, a-t-il relevé: bombardements, négociations, évacuations. Mais à Idleb, il s'agit de "2,3 millions de personnes dont la moitié sont déjà des déplacés qui n'ont nulle part où aller", a-t-il précisé lors d'une réunion mensuelle du Conseil de sécurité consacrée au volet politique du conflit en Syrie.

Le responsable de l'ONU s'est dit "encouragé" par les "discussions constructives" mardi à Astana au Kazakhstan sur des mesures de prévention pour "éviter le scénario du pire à Idleb".

Le nouveau round de pourparlers de paix sur la Syrie organisé à Astana n'a cependant abouti à aucun progrès notable pour régler le conflit.

Dans une déclaration, les trois pays garants des pourparlers, Russie, Iran et Turquie, ont annoncé une prochaine réunion en juillet à Sotchi (Russie) mais les représentants des rebelles ont indiqué qu'ils n'y participeraient pas.

Le processus d'Astana réunit depuis janvier 2017, sans implication de Washington, des représentants de Damas et une délégation de l'opposition. S'il a parfois permis de réduire les violences, il n'a pas entraîné d'avancée concrète en vue d'un règlement politique.

L'ambassadeur adjoint de la Russie à l'ONU, Dimitri Polyanski, a estimé qu'en Syrie "la solution était simple: rétablir la souveraineté de Damas sur ses territoires". "Si vous ne pouvez pas ou ne voulez pas nous aider à régler le problème, alors au moins ne nous gênez pas!", a-t-il lancé aux Etats-Unis.

Devant la presse, l'ambassadeur des Pays-Bas à l'ONU, Karel Van Oosterom, a indiqué que le problème principal actuellement dans la recherche de la paix était que Damas refusait de s'engager dans les discussions.

"L'élément clé est que le gouvernement syrien ne s'implique pas", a-t-il dit, en précisant que c'était Staffan de Mistura lui même qui l'avait dit au membres du Conseil de sécurité lors d'une récente réunion informelle.

A cet égard, l'ambassadrice du Royaume Uni à l'ONU, Karen Pierce, a réclamé à la Russie d'user de son influence sur la Syrie pour obtenir son implication dans un réglement du conflit. "Nous avons vraiment besoin que ceux qui ont une influence sur la Syrie, et la Russie et l'Iran en font partie, l'encouragent à se détourner d'une stratégie militaire pour résoudre ce conflit et s'engager (dans des négociations) avec les Nations unies", a-t-elle dit.

"J'exhorte les parrains d'Astana de tout faire pour que sur le terrain, à Idleb, la population soit en sécurité et qu'on évite une catastrophe humanitaire là-bas", a aussi affirmé la diplomate britannique.


(©AFP / 16 mai 2018 18h28)
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