Syrie: les forces du régime prennent des quartiers de Mayadine, fief de l'EI

Beyrouth - Les forces du régime en Syrie ont pris le contrôle de quatre quartiers de Mayadine, après être entrées une nouvelle fois dans ce bastion du groupe Etat islamique (EI) dans l'est du pays, a annoncé jeudi l'Observatoire syrien des droits de l'Homme.

Cette avancée des forces progouvernementales, soutenues par l'aviation russe, a permis de couper les routes reliant Mayadine à Boukamal, localité à la frontière avec l'Irak, selon l'OSDH. La seule voie d'échappatoire des jihadistes est donc le fleuve de l'Euphrate, qui jouxte Mayadine, selon la même source.

L'EI avait réussi la semaine dernière à chasser les forces du régime de Mayadine, deux jours après leur première percée dans cette ville, considérée comme l'un des derniers fiefs des jihadistes dans l'est syrien.

"Les forces du régime, menées sur le terrain par les forces russes, ont pris le contrôle d'au moins quatre quartiers", a indiqué jeudi à l'AFP le directeur de l'OSDH Rami Abdel Rahmane.

L'agence officielle Sana a confirmé la nouvelle percée des forces du régime à Mayadine, récemment décrite par une source militaire syrienne comme la "capitale sécuritaire et militaire" de l'EI dans la province pétrolière de Deir Ezzor, frontalière de l'Irak.

Les forces russes "supervisent les opérations militaires, participent aux combats sur le terrain, et mènent des frappes aériennes intensives", selon M. Abdel Rahmane, qui souligne "la violence des combats".

L'avancée du régime intervient malgré l'arrivée de renforts de l'EI, qui a accueilli un millier de combattants venus d'Irak, déployés sur les divers fronts de l'est de Deir Ezzor, selon l'OSDH.

C'est notamment à Mayadine et Boukamal que les jihadistes ayant fui Raqa (nord), où l'EI est acculé dans son dernier carré, ont trouvé refuge.

Les jihadistes, qui contrôlent toujours plus de la moitié de la province de Deir Ezzor, sont sous le coup de deux offensives distinctes dans cette région.

L'organisation ultraradicale a perdu une grande partie des vastes territoires conquis en 2014 en Irak et en Syrie. Elle vient ainsi de céder Hawija, le dernier grand centre urbain qu'elle contrôlait encore en Irak.

Déclenché en 2011 par la répression gouvernementale de manifestations pacifiques, le conflit en Syrie s'est complexifié avec l'implication de pays étrangers et de groupes jihadistes, sur un territoire de plus en plus morcelé.

Il a fait plus de 330.000 morts et des millions de déplacés et réfugiés.


(©AFP / 12 octobre 2017 15h46)
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