Syrie: les troupes du régime tout près de la province de Rakka

Les forces gouvernementales sont aux portes de la province de Rakka, dans l'Est syrien, tenue par les djihadistes de l'Etat islamique (EI), rapporte samedi l'OSDH. Elles seraient ainsi en passe de reprendre pied dans cette province dont elles ont été chassées en 2014.

Leur progression vise sans doute à prévenir une intervention au sol de l'Arabie saoudite contre l'EI. Rakka est la "capitale" du califat proclamé par le mouvement djihadiste.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), les troupes gouvernementales ne sont plus qu'à quelques kilomètres des limites de la province de Rakka, après avoir rapidement progressé en direction de l'est ces derniers jours à partir d'Ithriya. L'armée syrienne n'a pas confirmé l'information pour le moment.

Village bombardé et repris
L'état-major syrien a par ailleurs annoncé la reconquête de nouvelles zones de la région d'Alep, dans le nord du pays. Sa progression, soutenue le Hezbollah libanais et des combattants iraniens, a permis de couper la principale voie d'approvisionnement des rebelles en provenance de la Turquie voisine.

La télévision publique annonce quant à elle que l'armée a repris Al Tamoura, village dominant les localités d'Anadan, d'Hayan et d'Haritan qui a été la cible d'intenses bombardements ces derniers jours.

La reconquête d'Alep et la fermeture de la frontière turque serait une cuisante défaite pour les insurgés qui, jusqu'au début de l'intervention aérienne russe, le 30 septembre dernier, avaient le vent en poupe et acculaient les troupes régulières dans leurs bastions.

Roquettes Grad
Deux commandants des rebelles syriens ont dit vendredi que les insurgés avaient reçu de soutiens étrangers d'"excellentes quantités" de roquettes Grad d'une portée de 20 km ces derniers jours, pour faire face à l'offensive du régime syrien dans la région d'Alep.

Les opposants étrangers au régime Assad, dont l'Arabie saoudite et la Turquie, fournissent aux rebelles pro-occidentaux des armes via un centre d'opérations basé en Turquie.

En Turquie, le chef de la diplomatie Mevlut Cavusoglu, a déclaré samedi que l'Arabie saoudite allait envoyer des avions sur la base aérienne d'Incirlik, dans le sud de la Turquie, pour mener à partir de là des frappes contre les positions de l'EI en Syrie.

"Changer de cibles"
S'exprimant lors de la Conférence sur la sécurité de Munich, le secrétaire d'Etat américain John Kerry a de son côté martelé que la Russie devait "changer de cibles" militaires en Syrie, alors que la crise est à un "moment charnière" avec la perspective d'une trêve d'ici une semaine.

"Aujourd'hui la très grande majorité des attaques russes se concentrent sur les groupes d'opposition légitimes", a-t-il dit. Les Occidentaux reprochent aux Russes de frapper surtout l'opposition modérée, et non les djihadistes les plus durs, afin de conforter le régime de Bachar al-Assad. Les Russes affirment de leur côté ne viser que des groupes "terroristes".

(ats / 13.02.2016 14h35)
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