Tamedia, en mal de croissance, améliore sa rentabilité en 2017

(synthèse actualisé avec cours de clôture)

Zurich (awp) - Tamedia a vu ses bénéfices s'étoffer au cours de l'exercice 2017, et ce en dépit d'un chiffre d'affaires en léger recul. Le groupe de médias zurichois, qui a récemment repris les régies publicitaires Goldbach et Neo Advertising, aspire à rivaliser avec les concurrents internationaux sur le marché suisse. Afin de renouer avec la croissance, la direction n'exclut plus une collaboration avec la coentreprise Admeira dans la publicité en ligne.

Le produit d'exploitation est repassé sous la barre du milliard, à 974,2 mio CHF (-3,0%). Les recettes issues de la publicité se sont une nouvelle fois érodées de 35 mio CHF, et les responsables de l'éditeur zurichois s'attendent à ce que cette tendance se poursuive à un rythme similaire en 2018.

Les recettes issues du secteur Médias payants ont reculé de 5,7% à 603,8 mio CHF, malgré l'évolution favorable des offres payantes numériques, signale Tamedia mardi dans un communiqué.

Le nouveau segment Médias pendulaires, qui inclut les gratuits 20 Minuten et 20 minutes, ainsi que des participations dans d'autres titres, dont 20 minuti au Tessin, a vu ses revenus s'éroder de 5,0% à 154,4 mio CHF.

Places de marché et participations est la seule unité dont les recettes ont progressé en 2017, à 235,5 mio CHF. La croissance organique des plateformes de JobCloud et homegate.ch a compensé l'absence des recettes générées par FashionFriends, vendu en 2016.

L'excédent brut d'exploitation (ebitda) s'est étoffé de 22,0% à 245,2 mio, grâce à une diminution des charges de prévoyance actuarielle, précise un communiqué. La marge correspondante a grimpé de 5,2 points pour atteindre 25,2%.

L'entreprise a vu son résultat avant intérêts et impôts bondir de près de deux tiers (+59,3%) à 180,7 mio CHF, essentiellement en raison d'un effet de base, après une dépréciation sur acquisition (goodwill) de 11,0 mio dans les comptes 2016 ainsi que des amortissements réduits à la faveur de l'utilisation prolongée des centres d'impression.

Le bénéfice net s'est inscrit en hausse de 39,1% à 170,2 mio. Ajustée de l'effet susmentionné, la progression du résultat net est ramenée à 21,5%.

Les actionnaires se verront proposer lors de l'assemblée générale du 20 avril prochain une rémunération inchangée de 4,50 CHF par nominative au titre de l'exercice écoulé.

CROISSANCE POUR CONTRER LES GAFA

"Grâce aux investissements de ces dernières années, nous pouvons rivaliser avec les concurrents internationaux en termes de pénétration en Suisse", s'est félicité Christoph Tonini, directeur général (CEO) de Tamedia, cité dans le communiqué. "Nous voulons nous appuyer sur cet acquis et proposer désormais à nos clients publicitaires une offre à 360 degrés, conjointement avec Neo Advertising et Goldbach", a-t-il ajouté.

Le groupe de médias Tamedia entend collaborer avec d'autres acteurs suisses de la branche dans le domaine de la publicité en ligne. C'est le seul moyen de résister à l'hégémonie de géants mondiaux comme Google et Facebook, a expliqué le patron lors de la conférence de bilan. La joint venture Admeira, dans laquelle sont regroupés son concurrent Ringier, Swisscom et la SSR, pourrait être ce partenaire.

Dans son intervention, le président du conseil d'administration Pietro Supino a insisté sur l'importance pour l'entreprise de renouer avec la croissance. Les récentes acquisitions de Goldbach et de Neo Advertising sont emblématiques, mais d'autres reprises et participations, y compris minoritaires, sont envisagées.

L'éditeur s'est réjoui de l'avancée du "Projet 2020" démarré fin 2016, qui comprend le remaniement des rédactions des titres payants au sein du groupe. Le redimensionnement se poursuivra comme prévu via les départ naturels, mais des licenciements ne peuvent pas être exclus, a précisé le patron du groupe.

RÉDUCTION DE LA CHARGE FISCALE

Tamedia devrait profiter de la réforme fiscale des entreprise dans le canton de Vaud, qui prévoit de ramener le taux effectif d'imposition à 14% dès 2019, contre 21,5% actuellement. Le groupe s'attend à ce que cet ajustement se solde par une réduction nette de 13,4 mio CHF des impôts différés passifs.

Dans la foulée de ses résultats, Tamedia a annoncé la vente d'environ 2% des actions par un membre de la famille fondatrice. La part du capital flottant devrait ainsi passer à 30,2%, contre 28,2% au dernier pointage.

Dans son commentaire, la Banque cantonale de Zurich (ZKB) évoque des chiffres "qualitativement très bons". L'action a perdu 20% de sa valeur au cours des douze derniers mois, rappelle l'établissement, qui recommande désormais l'achat du titre (surpondérer), après "pondérer au marché".

Les investisseurs semblent partager cet avis. La nominative Tamedia s'est étoffée de 2,0% à 127,50 CHF après avoir atteint un plus haut à 136,50 CHF, alors que la moyenne du marché (SPI) a reculé de 0,91%.

buc/rp/lk

(AWP / 13.03.2018 18h18)
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