Tanzanie/corruption : Deux magnats de l'energie mis en accusation

Dar es Salaam - Deux magnats du secteur de l'énergie en Tanzanie, soupçonnés d'être les principaux responsables du détournement de 120 millions de dollars révélé en 2014, ont été inculpés lundi pour crimes économiques devant un tribunal de Dar es Salaam.

James Rugemalira, propriétaire de VIP Engineering et Harbinder Singh Seth, propriétaire de Pan African Power Solutions Tanzania, étaient copropriétaires d'une société privée de production d'énergie, Independent Power Tanzania Limited (IPTL) qui avait bénéficié d'un versement frauduleux d'environ 120 millions de dollars.

Connu sous le nom " affaire IPTL ", ce scandale a été révélé en 2014 lors d'un audit parlementaire qui avait mis au grand jour ce versement de fonds publics pour un contrat de fourniture d'électricité à TANESCO, la compagnie nationale de distribution d'électricité.

"Depuis un certain temps, les gens s'interrogeaient sur l'état d'avancement de nos enquêtes sur l'affaire", a déclaré à la presse le chef du bureau de lutte contre la corruption, Valentino Mlowola, avant la comparution des deux hommes.

Nommé récemment par le président John Magufuli, Mlowola a expliqué qu'il avait fallu "des enquêtes fouillées et exhaustives" pour boucler ce dossier ultrasensible.

Les deux accusés ont alors comparu devant le tribunal de Kisutu, Rugemalira portant un rosaire très visible tandis que Harbinder Singh était reconnaissable à son turban indien de couleur noire.

" L'arrestation des barons d'ITPL/PAP est l'unique initiative courageuse du président Magufuli contre la corruption. C'est une initiative digne d'être applaudie ", a réagi sur Twitter le député de l'opposition Zitto Kabwe, qui avait dirigé l'audit en question.

Plusieurs membres du gouvernement ainsi que de hauts responsables de TANESCO avaient perdu leurs postes aprés la révélation de ce scandale, qui a marqué les mandats du précedent chef de l'Etat, M. Jakaya Kikwete. Aucun d'entre eux n'a cependant été traduit en justice.

Le commission parlementaire des comptes publics avait pourtant estimé que ces responsables avaient "facilité ou apporté leur aide à du blanchiment d'argent, à de l'évasion fiscale, à des actes de corruption et au vol pur et simple de milliards de shillings des caisses publiques". Le procès à venir pourrait cependant déclencher d'autres poursuites.

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(©AFP / 19 juin 2017 21h23)
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