Taxe Gafa: "rupture de confiance" si l'Allemagne dit non (Le Maire)

Paris - L'Allemagne doit signer la directive européenne sur la taxation des géants du numérique ou risquer une "rupture de confiance" avec la France, a mis en garde vendredi le ministre français de l'Economie Bruno Le Maire.

"Je ne peux pas imaginer une seconde que l'Allemagne ne tienne pas ses engagements et ne signe pas la directive en décembre", a déclaré M. Le Maire aux Echos en marge d'un forum franco-allemand à Paris. Pour lui, dans le cas contraire, "ce serait une rupture de confiance entre la France et l'Allemagne".

"Il est temps que l'Allemagne décide de la mise en oeuvre de ce qui est dans Meseberg", a aussi souligné le ministre, en référence à l'accord franco-allemand prévoyant une convergence fiscale et un budget de la zone euro, ainsi que la taxation des géants du numérique.

L'Allemagne doit décider "tout de suite, maintenant, avant la fin de l'année 2018, parce qu'en 2019 nous allons rentrer dans un cycle électoral", a insisté le ministre.

"Nous sommes dans une course de vitesse entre la montée des extrêmes et la décision des grandes nations européennes au premier rang desquelles la France et l'Allemagne. Cette course de vitesse, je veux que nous la gagnions, et si nous voulons la gagner, il n'y a pas une minute à perdre", a-t-il expliqué.

"Qui peut accepter qu'aujourd'hui en Europe les petites entreprises, les PME aient 14 points de taxation de plus que Google, Amazon, Facebook ou les BATX?" (Baidu, Alibaba, Tencent et Xiaomi, les géants du chinois du numérique), s'est-il exclamé.

Dans l'UE, les entreprises numériques paient en moyenne 9% d'impôts, contre 23% pour les autres sociétés, a rappelé mercredi la commissaire européenne à la Concurrence Margrethe Vestager.

Le projet de directive européenne destinée à mieux imposer les GAFA (Google, Apple, Facebook et Amazon) se heurte à la vive résistance de l'Irlande, du Danemark et de la Suède, mais aussi aux doutes exprimés par l'Allemagne.

"Si les gouvernements européens ne comprennent pas que les peuples européens en ont assez de cette faiblesse européenne, de cette incapacité européenne à défendre nos intérêts économiques les plus vitaux et à affirmer une voie différente, une fiscalité internationale plus juste, plus efficace, si nous ne prenons pas conscience de cela, nous le paierons dans les urnes et nous serons responsables de cette situation", a encore dit le ministre.

boc/tq/az

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(©AFP / 09 novembre 2018 16h11)
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