Thaïlande : "assouplissement" de l'interdiction des activités politiques

Bangkok - La junte militaire thaïlandaise a annoncé vendredi un "assouplissement" de l'interdiction des activités politiques, les partis étant pour la première fois depuis quatre ans autorisés à recruter de nouveaux membres mais ne pouvant toujours pas faire campagne à l'approche des élections.

Depuis le coup d'Etat de mai 2014 qui avait visé à évincer la Première ministre Yingluck Shinawatra, les rassemblements politiques de plus de cinq personnes sont prohibés et les partis interdits de toute activité publique.

Ils seront désormais autorisés à élire leurs dirigeants, recruter de nouveaux adhérents et organiser des réunions internes s'ils sont en mesure de convoquer au moins 250 membres, a déclaré le Conseil national de la paix et de l'ordre (CNPO), le nom officiel de la junte, dans un communiqué publié dans la Gazette royale.

Ils pourront également créer des antennes dans les provinces.

Cependant, faire campagne - y compris organiser des rassemblements publics - reste interdit.

"Les partis politiques peuvent communiquer avec leurs membres par voie électronique, mais ce type de communication ne doit pas être considéré comme une campagne", précise la junte dans le communiqué.

Et il appartiendra au CNPO et à la commission électorale de décider si certaines communications sont susceptibles de "perturber l'ordre public", est-il ajouté.

"Le CNPO doit lever toutes les interdictions qui touchent les activités politiques", a réagi à l'AFP Pichai Natipthaphan, un membre de l'influent parti d'opposition Puea Thai et ex-ministre dans le gouvernement civil renversé.

"Alors que les élections approchent, nous n'avons toujours pas le droit de faire campagne", a-t-il déploré, critiquant une situation dans laquelle on continue à "restreindre les droits des citoyens".

L'opposition thaïlandaise, au premier rang de laquelle le parti Puea Thai, a exhorté jeudi les militaires à lever enfin l'interdiction des réunions politiques.

Elle demande aussi qu'une date pour les élections législatives, promises et continuellement repoussées depuis des mois, soit officiellement annoncée. Le chef de la junte, le général Prayut Chan-O-Cha, a parlé de fin février 2019.

Le nouveau roi Maha Vajiralongkorn, qui n'a pas encore officiellement été couronné, a donné son aval cette semaine à deux projets de loi qui lèvent certains obstacles à l'organsiation de ce scrutin très attendu.

Après quatre années de mise à l'écart depuis le coup d'Etat, Prayut Chan-O-Cha a gagné en respectabilité en étant reçu en juin par la Première ministre britannique Theresa May et le président français Emmanuel Macron, des rencontres qui lui ont permis de soigner son image auprès des Thaïlandais au grand dam de ses opposants politiques.

(©AFP / 14 septembre 2018 14h42)
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