Toshiba liquide la filiale nucléaire NuGen au Royaume-Uni

Londres - Le géant industriel japonais Toshiba a annoncé jeudi la liquidation de NuGen, une filiale nucléaire au Royaume-Uni, faute d'être en mesure de poursuivre ou de vendre cette activité, provoquant la colère des syndicats dans le pays.

Victime d'une succession de crises internes ces dernières années, Toshiba est acculé à se débarrasser de ses activités non stratégiques et a décidé de ne rester dans le domaine nucléaire qu'au Japon parce qu'il ne peut se désengager de la centrale de Fukushima, en cours de démantèlement après le grave accident nucléaire de 2011.

Toshiba était entré en négociations exclusives avec le sud-coréen Kepco pour lui céder NuGen, dédiée à un projet de construction de centrale nucléaire dans le nord-ouest de l'Angleterre, mais les discussions ont capoté, d'où la décision de liquider la société annoncée lors de la présentation de ses résultats du premier trimestre.

"Malheureusement, il n'a pas été possible de conclure avec succès ces négociations", a déclaré le groupe dans un communiqué. "NuGen a retenu un groupe pour l'aider dans le processus de liquidation et va travailler avec Toshiba et les autres parties prenantes", a-t-il ajouté.

Cette décision met en difficulté le gouvernement du Royaume-Uni, qui compte sur le nucléaire pour assurer l'approvisionnement énergétique du pays.

NuGen prévoyait la construction de capacités de production d'électricité nucléaire allant jusqu'à 3,8 gigawatts sur le site de Moorside, dans le comté de Cumbrie (nord-ouest de l'Angleterre), avec trois tranches.

Pour le syndicat GMB, le gouvernement britannique s'est montré "irresponsable de vouloir s'appuyer ainsi sur des entreprises étrangères pour assurer les besoins essentiels de notre pays en matière énergétique".

"Une centrale nucléaire demeure vitale à West Cumbria pour la sécurité énergétique future du Royaume-Uni et une action urgente est nécessaire", a ajouté son responsable Justin Bowden, pour qui le gouvernement britannique aurait dû piloter le projet.

Un porte-parole du ministère des Entreprises a souligné de son côté que tous les projets nucléaires en cours s'appuyaient sur des entreprises privées et que la décision de Toshiba était liée à ses difficultés financières.

"Le gouvernement est déterminé à augmenter la capacité nucléaire à travers son plan stratégique et sa décision de consentir à la première centrale nucléaire depuis longtemps, à Hinkley Point C", a-t-il ajouté.

L'ONG Greenpeace a elle estimé que le gouvernement aurait dû se concentrer sur les énergies renouvelables dans sa tentative de réduire ses émissions carbones.

"Le gouvernent doit désormais rapidement déployer de nouvelles énergies renouvelables pour combler le trou. Cela signifie relancer les éoliennes terrestres, accroître l'énergie solaire et déployer davantage d'ambition pour les éoliennes offshore", a-t-elle réclamé dans un communiqué.

NuGen était initialement détenue par Toshiba et le français Engie. Mais ce dernier s'était désengagé et avait contraint Toshiba à racheter sa part de 40% à l'été 2017.

La seule centrale nucléaire en cours de construction au Royaume-Uni est celle de Hinkley Point C, dans le sud-ouest de l'Angleterre. Le français EDF, allié au chinois CGN, y a commencé les travaux pour deux réacteurs de type EPR. Censée entrer en service à partir de la fin 2025, cette centrale doit fournir 7% des besoins en électricité du pays.

kap-oaa/pn/tho

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(©AFP / 08 novembre 2018 11h01)
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