Total veut prolonger deux autres concessions pétrolières aux Emirats

Abou Dhabi - Le groupe français Total cherche à prolonger deux autres concessions pétrolières à Abou Dhabi, après s'être assuré le renouvellement d'un énorme contrat pour 40 ans, a déclaré à l'AFP son président aux Emirats arabes unis, Hatem Nuseibeh.

M. Nuseibeh a indiqué que Total, la compagnie la mieux implantée aux Emirats, espérait obtenir le renouvellement de (ses) deux autres contrats - Abu Al-Bukhoosh et Adma - qui arrivent à échéance en 2018.

Nous sommes partenaires dans beaucoup de compagnies. Je pense qu'on (...) va essayer de voir si on arrive à étendre notre position encore plus, a-t-il ajouté en marge d'une conférence sur le pétrole et le gaz au Moyen-Orient à Abou Dhabi.

Total reste pour l'instant la seule compagnie étrangère à avoir renouvelé, fin janvier, une énorme concession (Adco), dont elle obtient une participation de 10%, soit 160.000 barils/jour (b/j), pour une durée de 40 ans.

Adco (Abu Dhabi Company for Onshore oil operations) est la société qui chapeaute la concession.

A l'horizon 2017, Abou Dhabi (Adco) planifie d'augmenter sa production à 1,8 million b/j, ce qui augmentera la production de Total à 180.000 b/j, a indiqué M. Nuseibeh.

Simultanément, la major française continue de réduire ses coûts, de 10 à 30% aux Emirats, a-t-il souligné.

Selon lui, Total a de la chance car on a commencé à réduire nos coûts avant la baisse des prix. On a commencé avant les autres, je peux vous dire que ça marche bien, on a diminué certains coûts, on continue à le faire.

Pour le nouveau directeur général de Total Patrick Pouyanné qui a pris les rênes du groupe l'an dernier suite au décès de Christophe de Margerie, le renouvellement de la concession Adco est un joli coup alors que l'entreprise fait face, comme ses concurrentes, à une conjoncture dégradée du fait de l'effondrement des cours du brut.

Le directeur général de l'Abou Dhabi National Compagny (Adnoc, publique), Abdallah Nasser al-Suwaidi, a dit pour sa part s'attendre à un redressement du marché pétrolier.

La baisse des prix du pétrole (...) est due notamment à la surabondance de l'offre et au ralentissement de la demande, a-t-il rappelé.

Cependant, à long terme, la demande mondiale de l'énergie va augmenter et nous devons (...) répondre à ce défi, a-t-il ajouté, soulignant que les projets énergétiques des Emirats progressent.

Selon les perspectives pétrolières de l'Opep (Organisation des pays exportateurs de pétrole), la demande énergétique va croitre de 60% à l'horizon 2040, (celle) du pétrole à 111 millions b/j d'ici 2040, a rappelé le sous-scrétaire d'Etat émirati à l'Energie, Matar Al Neyadi.

Les cours de l'or noir, qui ont perdu plus de 50% de leur valeur depuis juin 2014, ont rebondi de 30% depuis leur niveau plancher de mars.

La reprise est néanmoins freinée par la hausse continue des réserves de brut aux Etats-Unis, le refus de l'Opep de réduire, sinon de stabiliser sa production et la perspective d'un afflux de pétrole iranien en cas d'accord avec les grandes puissances sur le programme nucléaire de Téhéran.

L'Opep a indiqué que le mois dernier, sa production avait augmenté de 810.000 barils par jour, pour atteindre 30,79 mbj en moyenne, dépassant à nouveau les quotas du cartel.

Dans le secteur gazier, Abou Dhabi a annoncé l'entrée en production de son projet Shah, un champ à forte contenance en souffre. L'exploitation a déjà commencé et nous devrions atteindre la pleine capacité à la fin de cette année, a précisé M. al-Suwaidi.

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(©AFP / 20 avril 2015 17h33)