Trump demande à Caracas de libérer "immédiatement" un célèbre opposant

Washington - La tension s'est accentuée mercredi entre Caracas et Washington, Donald Trump demandant la libération "immédiate" d'un célèbre opposant au président vénézuélien Nicolas Maduro, qui avait peu avant mis les Etats-Unis en garde contre toute agression.

Le président américain a une nouvelle fois choisi Twitter pour lancer un message depuis la Maison Blanche et réclamer la libération de Leopoldo Lopez, figure de l'aile dure de l'opposition au gouvernement vénézuélien, emprisonné depuis trois ans.

"Le Venezuela devrait autoriser Leopoldo Lopez, un prisonnier politique et époux de @liliantintori (que je viens de rencontrer avec @marcorubio) à sortir de prison immédiatement", a écrit Donald Trump sur le réseau social.

Il a accompagné son message d'une photo le montrant, le pouce levé, au côté de Lilian Tintori, en compagnie du vice-président Mike Pence et du sénateur républicain Marco Rubio.

Retweetant le président américain, Lilian Tintori a écrit: "Continuons avec plus de force à conquérir notre liberté!"

"Je leur ai parlé de la crise humanitaire que nous vivons au Venezuela et de nos prisonniers politiques", a-t-elle ajouté dans un autre message, dénonçant "une dictature".

Fondateur du parti d'opposition Volonté populaire, Leopoldo Lopez a été condamné à 14 ans de prison pour incitation à la violence lors de manifestations contre le gouvernement vénézuélien qui avaient fait 43 morts en 2014.

- CNN suspendu -

L'intervention du président américain est survenue après plusieurs jours déjà tendus entre Caracas et Washington.

Peu avant son tweet, Nicolas Maduro avait ainsi averti mercredi son homologue américain qu'il répondrait avec fermeté à toute agression contre son gouvernement.

Ces déclarations faisaient suite aux sanctions infligées lundi à son vice-président, Tareck El Aissami, pour trafic de drogue. Cet homme de 42 ans est considéré comme le probable successeur de M. Maduro et représente l'aile dure du parti socialiste au pouvoir.

"S'ils (les Etats-Unis) nous agressent, nous n'allons pas nous taire ; Le Venezuela va répondre avec fermeté. (...) Celui qui nous cherchera recevra une réponse adaptée", a déclaré M. Maduro, sans plus de précision, lors d'un événement en public.

Le chef de l'Etat a aussitôt ajouté qu'il ne voulait pas de "problème avec M. Donald Trump", tout en estimant que "l'impérialisme était en train de nous menacer", en référence aux sanctions américaines visant son vice-président.

Ce dernier s'est vu geler lundi ses avoirs éventuels aux Etats-Unis et interdire tout échange commercial transitant par le système financier américain. Des mesures qu'il a qualifiées de "misérable et infâme agression".

Mercredi encore, toujours en lien avec ces sanctions, le gouvernement vénézuélien a suspendu le signal de CNN en espagnol, principale chaîne d'information d'Amérique latine, l'accusant de "propagande de guerre".

La chaîne avait diffusé le 6 février un reportage sur un trafic supposé de visas et de passeports vénézuéliens depuis l'ambassade du Venezuela en Irak. Elle citait Tareck El Aissami parmi les organisateurs.

Dimanche, le président socialiste Nicolas Maduro s'en était déjà pris à la chaîne américaine dans sa version hispanophone, lors de son émission hebdomadaire. "Je veux que CNN sorte du Venezuela, dehors!", avait-il lancé.

Les journalistes de l'AFP ont constaté que la chaîne n'était plus diffusée mercredi après-midi par les différentes entreprises de câble au Venezuela. En revanche, CNN International, sa version anglophone, continuait d'être diffusée.

"CNN défend le travail journalistique de notre chaîne et notre engagement en faveur de la vérité et de la transparence", a réagi un porte-parole, annonçant que CNN en espagnol serait désormais disponible gratuitement au Venezuela sur YouTube.

Les relations entre Washington et Caracas sont tendues depuis 1999 et l'arrivée au pouvoir d'Hugo Chavez, célèbre pour ses diatribes anti-américaines. Les tensions se sont poursuivies avec l'élection en 2013 de son successeur Nicolas Maduro, tout aussi virulent contre "l'empire".

Les deux pays n'ont plus d'ambassadeur respectif depuis 2010.

bur-elc/ol

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(©AFP / 16 février 2017 02h52)
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