UE: Cameron et Merkel se rapprochent sur la question des aides sociales

Wildbad Kreuth (Allemagne) - Le Premier ministre britannique, David Cameron, a obtenu un soutien partiel de la chancelière allemande mercredi sur son exigence de restreindre le système d'aides sociales au sein de l'UE, dans le cadre de sa recherche d'alliés sur le sujet en Europe.

Nous devons nous assurer que le système d'aides sociales ne constitue pas un attrait (...) vers la Grande-Bretagne car nous sentons la pression de l'immigration excessive que nous avons eue ces dernières années, a déclaré David Cameron en marge d'une rencontre avec la CSU, le parti conservateur bavarois allié de la chancelière Angela Merkel, qui l'avait invité à Wildbad Kreuth (sud de l'Allemagne).

Il devait ensuite se rendre en Hongrie pour rencontrer le Premier ministre Viktor Orban.

Sous pression des eurosceptiques, M. Cameron s'est engagé à organiser un référendum d'ici la fin 2017 sur le maintien de son pays dans l'UE, au risque d'un Brexit, la sortie du pays de l'Union européenne.

Pour soutenir un maintien, il réclame des réformes de l'UE, en particulier des outils pour mieux maîtriser l'immigration des citoyens européens, ce qui aboutirait à priver ces derniers d'allocations sociales pendant leurs quatre premières années de séjour au Royaume-Uni.

Un débat s'est aussi récemment engagé sur cette question en Allemagne après que le Tribunal fédéral des Affaires sociales eut statué que tout citoyen de l'UE, même sans travail, avait droit au bout de six mois à bénéficier d'allocations comme l'aide sociale.

Ce jugement inquiète les communes allemandes, qui financent l'aide sociale et craignent que cela créée un effet d'aubaine en attirant des citoyens de pays de l'UE dont le niveau de vie est très inférieur à celui de l'Allemagne, comme la Roumanie ou la Bulgarie.

La ministre allemande du Travail a proposé du coup de changer la loi pour durcir les conditions d'octroi de ces aides et Mme Merkel a jugé mercredi à Berlin cette proposition intéressante, jugeant qu'elle correspondait dans une certaine mesure aussi avec ce que la Grande-Bretagne souhaite.

Mme Merkel, qui a rencontré mercredi soir M. Cameron en Bavière, a jugé que l'octroi automatique d'allocations sociales dès le début du séjour d'un citoyen d'un autre pays de l'UE n'était pas dans l'esprit de la libre-circulation en Europe et qu'il n'y avait pas d'Union sociale en Europe.

C'est la raison pour laquelle tout citoyen roumain est le bienvenu. Mais s'il s'agit de percevoir des allocations sociales, qui ne reposent pas sur un travail (...) alors je suis d'avis qu'il est acceptable qu'il retourne dans son pays, a-t-elle ajouté lors d'une conférence de presse aux côtés de son homologue roumain, Dacian Ciolos.

Le déplacement de M. Cameron en Allemagne faisait partie d'une campagne que le Premier ministre britannique mène afin de trouver des alliés en Europe pour obtenir les réformes qu'il exige avant le référendum.

La Grande-Bretagne a vraiment des problèmes avec la façon dont l'Union européenne fonctionne, notamment sur les questions de migration et de mouvement au sein de l'Europe, a ajouté le chef du gouvernement britannique.

Comme l'Allemagne, la Grande-Bretagne croit dans les principes de la liberté de circulation pour les travailleurs. Mais ça ne peut vouloir dire, comme aujourd'hui, que l'on a droit dès le premier jour à toutes les prestations sociales, a-t-il écrit par ailleurs jeudi dans le quotidien allemand Bild.

(©AFP / 07 janvier 2016 16h42)