UE/élections : la droite européenne en congrès pour désigner son chef

Helsinki - La droite européenne, divisée sur la présence en son sein du populiste hongrois Viktor Orban, est réunie en congrès mercredi à Helsinki et désignera jeudi son chef de file pour les élections européennes de mai 2019.

Deux candidats, l'Allemand Manfred Weber et le Finlandais Alexander Stubb, sont en lice pour conduire les listes des partis membres du Parti populaire européen (PPE) dans les 28 pays membres de l'UE. L'élu sera désigné jeudi au cours d'un vote à bulletin secret par les 758 délégués réunis à Helsinki. Il pourrait succéder en novembre 2019 au luxembourgeois Jean-Claude Juncker à la présidence de la Commission européenne.

Le poste fait partie du grand mercato qui suivra les européennes organisées du 23 au 26 mai prochain, avec ceux de la présidence du Conseil européen, du Parlement européen, de la Banque Centrale Européenne et du haut représentant de l'UE pour la politique étrangère. Un marchandage au cours duquel le PPE devrait jouer un rôle clé.

Sauf énorme surprise, Manfred Weber, 46 ans, Président du groupe du PPE au Parlement européen et membre de la CSU, le parti frère bavarois de la CDU de la chancelière Angela Merkel, devrait l'emporter face à l'ancien Premier ministre finlandais Alexander Stubb, 50 ans, membre du parti conservateur et libéral Kokoomus.

Grand connaisseur des institutions de l'UE mais sans aucune expérience gouvernementale en Allemagne, M. Weber a reçu de nombreux soutiens, comme celui de Mme Merkel, du Français Laurent Wauquiez, président du parti Les Républicains, mais aussi celui du très controversé Premier ministre hongrois Viktor Orban.

Lors d'un débat particulièrement morne mercredi soir devant les délégués, MM. Stubb et Weber ont soigneusement évité toute confrontation et surtout, le sujet qui fâche: la place au sein du PPE de Viktor Orban et de son parti le Fidesz, accusés de bafouer les valeurs européennes, en particulier sur l'accueil des migrants.

Les deux hommes ont insisté sur leur amitié et la similitude de leurs positions. Leur conversation a duré une demie heure et s'est conclue sur la chanson des Sister Sledge "We are family".

"Nous avons deux excellents candidats pour succéder à Jean-Claude Juncker et à Donald Tusk", le président du conseil européen, a lancé le président du PPE, le Français Joseph Daul, à l'issue de la confrontation.

Dans la matinée, Joseph Daul avait justifié le ton mesuré adopté par le PPE vis à vis de Viktor Orban. "Comme je l'ai souvent dit, dans chaque famille, il y a un enfant terrible. Mais je préfère garder mon enfant terrible dans la famille et le raisonner".

En fin d'après midi, les délégués ont adopté à main levée une résolution condamnant --sans les nommer-- ceux qui violent les valeurs européennes et rappelant des principes fondamentaux de l'Union, tels qu'un "système multipartis, l'indépendance des médias et la liberté de la religion".

"Nous appelons tous les membres du PPE à respecter, protéger et promouvoir ces valeurs", affirme la résolution votée par les membres du Fidesz.

Une phrase prévue dans la version initiale du projet de résolution et appelant les gouvernements à traiter les ONG "sur un pied d'égalité, quelle que soit leur orientation politique, pour autant que leurs activités restent dans les limites de la démocratie libérale" a toutefois été modifiée dans la version finale: "la démocratie libérale" a été remplacé par "l'Etat de droit", une formule susceptible de plaire davantage à Viktor Orban.

Selon le dirigeant hongrois, la démocratie libérale a échoué et n'est plus à même de garantir les racines chrétiennes de son pays. Il lui préfère le terme de démocratie chrétienne.

(©AFP / 07 novembre 2018 19h00)
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