UE: vote sur le droit d'auteur: "une honte" (vice-Premier italien)

Rome - Le feu vert du Parlement européen à la réforme du droit d'auteur est "une honte toute européenne", a critiqué mercredi Luigi Di Maio, vice-Premier ministre italien et chef de file du Mouvement 5 Etoiles (M5S, antisystème).

"Le Parlement européen a introduit la censure sur les contenus des utilisateurs d'internet. Nous entrons officiellement dans un scénario de Big Brother d'Orwell", a écrit M. Di Maio sur sa page Facebook.

"Avec l'excuse de cette réforme du droit d'auteur, le Parlement européen a de fait légalisé la censure préventive", a-t-il ajouté.

Le M5S et son leader Di Maio sont convaincus que les médias traditionnels, tel que les journaux, souhaitent l'échec de leur expérience gouvernementale et communiquent essentiellement via Facebook et Twitter, ne manquant jamais de critiquer la presse traditionnelle et ses contenus.

A Strasbourg, les eurodéputés ont voté mercredi en faveur de la très sensible réforme du droit d'auteur, censée mettre à contribution financièrement les géants du net pour les contenus artistiques et les articles qu'ils utilisent.

Le principe de la réforme est d'inciter les plateformes, comme YouTube détenu par Google, à mieux rétribuer les créateurs de contenus (article 13), mais aussi de créer un nouveau "droit voisin" du droit d'auteur pour les éditeurs de presse (article 11), qui doit permettre aux journaux ou agences de se faire rémunérer lors de la réutilisation en ligne de leur production.

Qualifiant de "folle" l'introduction du droit voisin, M. Di Maio a estimé que "la chose la plus grave" est "le mécanisme de filtrage préventif des contenus chargés par les utilisateurs" d'internet, le fameux article 13 qui oblige les plateformes à filtrer automatiquement les contenus couverts par un droit d'auteur.

"C'est inadmissible pour moi. Internet doit rester libre et indépendant", a poursuivi M. Di Maio promettant "bataille" lors des négociations entre le Parlement, la Commission et le Conseil pour "éliminer ces deux mesures".

"Ce sera un vrai plaisir de voir après les prochaines élections européennes" en mai 2019 "une classe dirigeante communautaire complètement rénovée qui ne pensera même pas à faire passer des cochonneries pareilles", a conclu M. Di Maio.

Le président du Parlement européen Antonio Tajani, cité par les médias italiens, a sommé le chef du gouvernement Giuseppe Cobte de "prendre immédiatement ses distances avec les déclarations infâmantes du vice-Premier ministre Di Maio contre le Parlement européen".

"menacer l'unique institution européenne directement élue par les cittoyens est l'oeouvre d'analphabètes de la démocratie", a-t-il ajouté.

(©AFP / 12 septembre 2018 15h13)
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