USA: Donald Trump relance deux projets d'oléoducs controversés

Washington - Le nouveau président américain Donald Trump a redonné mardi une impulsion à deux projets d'oléoducs très controversés dont la construction avait été bloquée par l'administration Obama au nom notamment de la lutte contre le changement climatique.

Au lendemain de l'annonce du retrait de l'accord de libre-échange Asie-Pacifique (TPP), le nouveau président continue à traduire certaines de ses promesses de campagne sur le papier.

Il a signé une série de décrets ouvrant la voie à la construction du gigantesque oléoduc Keystone XL reliant le Canada aux Etats-Unis, et à celui de la compagnie Energy Transfer Partners dans le Dakota du Nord.

Evoquant le projet Keystone XL, il a souligné que l'aboutissement de ce projet était conditionné à une renégociation avec la société canadienne TransCanada. "Nous allons renégocier certains des termes et, s'ils le veulent, nous verrons si cet oléoduc peut être construit", a-t-il déclaré lors de la signature des documents dans le Bureau ovale.

Le gouvernement canadien s'est félicité de cette décision: "Nous sommes en faveur de Keystone et comme chacun le sait, le côté canadien de ce projet est déjà approuvé", a souligné Chrystia Freeland, ministre des Affaires étrangères.

Aux Etats-Unis, si le camp républicain a salué l'annonce avec enthousiasme, défenseurs de l'environnement et élus démocrates ont dénoncé à l'unisson une initiative malheureuse prise au mépris des enjeux climatiques.

"Aujourd'hui, le président Trump a ignoré les voix de millions d'Américains et donné la priorité aux profits à court-terme de l'industrie des énergies fossiles par rapport à l'avenir de notre planète", a déploré le sénateur Bernie Sanders, ancien rival d'Hillary Clinton lors de la primaire.

Long de 1.900 kilomètres, dont 1.400 aux Etats-Unis, le projet Keystone XL vise à transporter le pétrole canadien des sables bitumineux de l'Alberta (dans l'Ouest du Canada) jusqu'au Nebraska (au centre des Etats-Unis) d'où il pourrait rejoindre les raffineries américaines du golfe du Mexique.

Je veux le voir construit

Durant sa campagne, Donald Trump avait promis de relancer ce gigantesque projet. "Je veux le voir construit", avait-il martelé.

En s'y opposant fin 2015, sept ans après la première demande de permis de construire, M. Obama avait provoqué la colère des républicains.

Jugeant que le projet n'était pas dans l'intérêt national de son pays - "Transporter du pétrole brut plus sale jusque dans notre pays ne renforce pas la sécurité énergétique des Etats-Unis" - le président démocrate avait aussi estimé qu'approuver un tel projet aurait affaibli le leadership des Etats-Unis dans la lutte contre le changement climatique.

Dans un dossier complètement distinct, M. Trump a aussi ouvert la voie à la relance d'un projet d'oléoduc dans le Dakota du Nord dont le tracé avait été rejeté en décembre après une intense mobilisation des Amérindiens et des écologistes.

La tribu sioux de Standing Rock reproche à l'entreprise qui en a la charge de vouloir faire passer l'oléoduc, baptisé Dakota Access Pipeline, sur des sites sacrés où sont enterrés leurs ancêtres, menaçant par la même occasion leurs sources d'eau potable.

Par ailleurs, M. Trump a commencé sa journée en recevant les dirigeants des grands groupes automobiles américains, à qui il a promis d'assouplir les réglementation pour éviter les délocalisations d'usines.

Martelant sa conviction que la réglementation, en matière de sécurité comme d'environnement, était devenue beaucoup trop lourde aux Etats-Unis, le président républicain a promis aux dirigeants - dont Mary Barra (GM) et Mark Fields (Ford) - de rendre les processus d'autorisation plus rapides.

Dans son discours d'investiture vendredi, Donald Trump a promis d'articuler sa politique autour d'un seul axe: "l'Amérique d'abord", énonçant "deux règles simples": acheter américain et embaucher américain.

Enfin, selon une tradition qui remonte au début des années 1980, le président de la Chambre des représentants a invité mardi Donald Trump à s'exprimer devant le Congrès le 28 février.

Pour la première fois depuis 2006, le parti républicain contrôle à la fois les deux chambres du Congrès et la Maison Blanche, ouvrant la voie à de nombreuses réformes conservatrices.

jca/bdx/nas

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(©AFP / 24 janvier 2017 18h20)