USA: un sénateur démocrate accusé de harcèlement poussé dehors par ses collègues

Washington - Le sénateur démocrate américain Al Franken, accusé de comportement déplacé avec des femmes, a été lâché mercredi par la plupart de ses collègues du Sénat, qui l'ont appelé à démissionner sans délai.

L'entourage d'Al Franken a indiqué qu'il ferait une annonce jeudi. Selon son ami Keith Ellison, élu du Minnesota à la Chambre des représentants, "il prendra la bonne décision et démissionnera".

Le compte Twitter de l'élu a toutefois corrigé un média local qui annonçait sa démission comme acquise: "Aucune décision n'a été prise, le sénateur continue de s'entretenir avec sa famille".

Les événements se sont précipités en quelques heures pour le jovial sénateur de 66 ans, réélu en 2014 pour un mandat de six ans.

Sa collègue de New York, Kirsten Gillibrand, a publié le matin un long message sur Facebook l'appelant à démissionner, suivie immédiatement par plusieurs autres sénatrices de l'opposition, puis par de nombreux collègues masculins, et jusqu'au chef de l'opposition du Sénat, Chuck Schumer, en fin d'après-midi.

Au total, au moins 29 des 48 sénatrices et sénateurs démocrates l'avaient appelé à abandonner son mandat en fin de journée.

"Le sénateur Franken est un ami cher et je respecte ce qu'il a accompli, mais il a une obligation plus importante à l'égard de ses électeurs et du Sénat, et il devrait démissionner immédiatement", a déclaré Chuck Schumer.

Sept femmes au total ont rapporté avoir été touchées de façon déplacée par Al Franken, avant et après qu'il ne soit élu en 2009. Auparavant, il était un humoriste connu. Il a présenté ses excuses à plusieurs reprises pour son comportement passé, mais avait exclu jusqu'à présent de démissionner.

"Je suis choquée et déçue d'apprendre depuis plusieurs semaines qu'un collègue que j'aime bien personnellement a eu un comportement inacceptable envers des femmes", a écrit Kirsten Gillibrand.

Parlant de "moment charnière" dans la société américaine, la sénatrice a estimé qu'Al Franken devait "dire clairement que tout mauvais traitement envers les femmes est inacceptable dans notre société en démissionnant".

Pour Bernie Sanders, "la conversation actuelle n'est que le sommet de l'iceberg" dans le débat sur le harcèlement sexuel aux Etats-Unis.

"C'est une décision difficile car c'est un bon sénateur et un ami. Mais cela ne peut excuser son comportement et sa façon de maltraiter les femmes", a écrit Mazie Hirono, d'Hawaï.

"Je suis choquée et atterrée par le comportement du sénateur Franken. Il est évident que c'est un problème profondément néfaste et persistant, et qui dure depuis longtemps. Il est temps qu'il se retire", a estimé la sénatrice de l'Etat de Washington Patty Murray.

Mardi, le doyen démocrate de la Chambre des représentants, John Conyers, a démissionné, accusé de harcèlement sexuel par d'anciennes collaboratrices.

Si Al Franken démissionne, il reviendra au gouverneur du Minnesota, un démocrate, de nommer son remplaçant en attendant d'organiser une élection partielle.

Les républicains, de leur côté, doivent gérer le cas de Roy Moore, candidat du parti à une sénatoriale partielle dans l'Alabama le 12 décembre, et qui est accusé d'attouchements sur des mineures à la fin des années 1970, des allégations qu'il a rejetées.


(©AFP / 07 décembre 2017 00h01)
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