Un des otages libérés au Pakistan craint de rentrer aux Etats-Unis

Washington - Un des otages nord-américains libérés jeudi au Pakistan a refusé de monter à bord d'un avion militaire américain car il a été lié dans le passé à un détenu de Guantanamo, et la famille se trouve encore au Pakistan, a-t-on appris jeudi auprès d'un responsable militaire américain.

Le Canadien Joshua Boyle, connu pour avoir brièvement été marié à Zaynab Khadr, la soeur d'Omar Khadr, un autre Canadien capturé à l'âge de 15 ans au Pakistan et longtemps emprisonné à Guantanamo, a peur d'être inquiété à son arrivée aux Etats-Unis, a précisé ce responsable à l'AFP.

"C'est vrai dans son esprit, mais il n'est pas dans notre intention de faire quoi que ce soit de ce genre", a-t-il ajouté. "Nous sommes prêts à le ramener à la maison".

Les Etats-Unis sont en discussions avec les autorités canadiennes pour régler le problème, a-t-il précisé.

Joshua Boyle, son épouse américaine Caitlan Coleman et leurs trois enfants nés au cours de cinq années de captivité en Afghanistan "sont encore à cette heure au Pakistan", selon le même responsable militaire.

"Il y a une équipe prête à les ramener aux Etats-Unis. Nous sommes prêts quand ils le veulent", a-t-il insisté.

Les deux voyageurs, qui se connaissent depuis l'adolescence et s'étaient mariés en 2011, étaient partis pour un voyage de six mois à travers d'anciennes républiques soviétiques d'Asie centrale. Ils étaient finalement arrivés en Afghanistan, où ils avaient été kidnappés par les talibans et remis au réseau allié Haqqani, au Pakistan.

Ils ont été libérés jeudi lors d'une opération aussitôt saluée par le président américain Donald Trump comme une nouvelle marque de "respect" adressée aux Etats-Unis par le Pakistan.

Le responsable du centre de commandement américain en charge des opérations en Afghanistan (Centcom), le général Joseph Vogel, a téléphoné au chef d'état-major pakistanais pour le remercier.

"Ils ont agi rapidement et de façon très responsable lorsqu'ils ont pris le contrôle de ces personnes", a déclaré le général Vogel à un groupe de journalistes.

"Je pense que le Pakistan reconnaît à quel point la protection de nos citoyens est importante pour nous et à quel point nous prenons ça au sérieux", a-t-il ajouté. "Nous leur en sommes très reconnaissants".


(©AFP / 12 octobre 2017 21h52)
News les plus lues