Un incubateur de start-up pour relancer l'innovation

Zurich (awp) - Confrontés à une obsolescence toujours plus rapide, aux difficultés de mettre au point de nouvelles molécules contre des maladies toujours plus complexes et surtout à des frais d'études cliniques toujours plus onéreux, les grands groupes pharmaceutiques peinent à développer des produit réellement nouveaux. Les start-up pourraient prendre le relai, mais manquent souvent de moyens.

"La pharmaceutique présente un énorme problème d'innovation", déplore George Haour, professeur à l'institut de développement des capacités de gestion IMD. "Les grandes entreprises se révèlent peu efficaces, tandis que les petites ne sont pas suffisamment armées", résume l'académicien.

Les grands acteurs du secteur tendent à se borner à recopier des substances existantes. Les jeunes pousses constituent à ce niveau une alternative que ces grands groupes devraient exploiter plus activement, estime M. Haour, qui juge la Suisse bon élève en la matière au regard des autres pays européens, quoique trop bureaucratique.

"Dans le domaine médical, l'idée selon laquelle seules les grandes structures sont à même d'innover est fausse", confirme Bhupinder Bhullar, directeur de laboratoire à l'Institut de recherche biomédicale (NIBR) de Novartis. D'autant que la baisse du coûts des équipements nécessaires ouvre de nouvelles possibilités et que se multiplient les groupes de recherche participatifs en biologie (biohacking).

RACCOURCIR LES DÉLAIS DE COMMERCIALISATION

Comme tout laboratoire, Novartis entend réduire au maximum le délai de collaboration avec les jeunes pousses afin d'optimiser le temps nécessaire à la mise sur le marché de nouveaux traitements, poursuit le chercheur. Ne pouvant pas forcer l'innovation, le géant rhénan travaille depuis plus de dix ans à la mise en place des meilleures conditions pour son avènement et au développement du dialogue avec les acteurs de l'innovation participative.

L'Innovation Forum, structure étudiante bénévole internationale fondée à Cambridge et qui a récemment pris pied au bord du Léman, fournit à des multinationales ses analyses sur les petites structures afin d'en faciliter le financement, explique Manuel Fankhauser, président de l'antenne lausannoise. Le réseau met également en relation des nombreuses disciplines qui participent de l'innovation et la constitution de ponts entre milieux académiques, industriels et politiques, le réseau.

Si une majorité de l'innovation produite actuellement se concentre sur les sciences de la vie, leur rayon d'action s'étend bien au delà. En témoigne la présentation au premier évènement de l'organisation mi-mars d'une machine à fabriquer des tortillas en capsules.

jh/al

(AWP / 27.03.2015 14h01)
News les plus lues