Un ténor de l'opposition koweïtienne libéré de prison

Koweït - Un des ténors de l'opposition koweïtienne, l'ancien député Mussalam al-Barrak, est sorti vendredi de prison après avoir purgé une peine de deux ans pour "insulte" à l'émir de ce petit pays du Golfe.

Mussalam al-Barrak, 61 ans, a été accueilli à sa sortie de prison par des centaines de ses proches et partisans en liesse, a constaté un journaliste de l'AFP.

"Un jour, je le dis et je le répète: l'Histoire emprisonnera ceux qui m'ont envoyé en prison", a lancé l'ancien parlementaire s'attirant les applaudissements de la petite foule qui l'a acclamé comme étant "la conscience du peuple".

Arrivé chez lui, M. Barrak a estimé qu'il n'avait pas bénéficié d'un procès équitable et a affirmé avoir été poursuivi pour "ses opinions politiques".

En février 2015, M. Barrak avait été condamné à deux ans de réclusion pour des commentaires jugés offensants contre l'émir, le cheikh Sabah al-Ahmed Al-Sabah, lors d'un meeting qui avait eu lieu en octobre 2012.

A cette occasion, le ténor de l'opposition avait mis en garde l'émir et le gouvernement contre des modifications de la loi électorale, qui selon lui permettaient aux autorités de manipuler les résultats. Ces modifications avaient malgré tout été adoptées.

M. Barrak a toujours nié que les critiques adressées à l'émir sur la loi électorale aient constitué des injures.

De nombreux opposants et activistes ont été condamnés à la prison pour insulte à l'émir depuis fin 2014, provoquant l'indignation de groupes de défense des droits de l'Homme.

M. Barrak a déploré vendredi que la situation au Koweït se soit détériorée, accusant les autorités d'avoir adopté des lois restreignant les libertés et punissant leurs opposants politiques.

"Le seul moyen de réformer est par le biais d'un gouvernement élu dont le chef gagne dans les urnes", a-t-il ajouté.

Dans le système politique koweïtien, le Premier ministre est toujours un membre de la famille régnante nommé par l'émir, quel que soit le résultat des élections législatives.

La libération de M. Barrak intervient environ cinq mois après que l'alliance de l'opposition, dont il fait partie, eut accepté de participer de nouveau aux élections législatives. Cette alliance a gagné environ la moitié des sièges au Parlement du Koweït.


(©AFP / 21 avril 2017 20h39)

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