Une majorité de projets pétroliers et gaziers en retard ou en surcoût

Paris - La plupart des méga-projets pétroliers et gaziers lancés par les grandes compagnies pour compenser des déclins de production et répondre à une demande croissante des pays émergents connaissent des retards ou des dépassements de coûts, selon une étude du cabinet EY (ex-Ernst & Young) publiée jeudi.

Près de deux tiers (64%) de ces projets de grande envergure, qui représentent un investissement initial d'au moins un milliard de dollars, ne respectent pas leur budget, et 73% subissent des retards, a constaté le cabinet d'audit et de conseil en passant en revue 365 d'entre eux.

Selon EY, les coûts d'exécution de ces projets, confrontés à d'importants défis techniques et opérationnels pour aller chercher la ressource toujours plus loin ou plus profond, dépassent de 59% en moyenne l'estimation initiale.

En termes absolus, le coût cumulatif de ces projets est passé de 1.200 à 1.700 milliards de dollars, ce qui représente un surcoût de 500 milliards de dollars, souligne l'étude à propos de 205 des projets analysés.

Ces surcoûts et retards s'expliquent par la complexité des coentreprises montées pour développer les projets, le coût du capital, un planning trop optimiste ou le mauvais choix des sous-traitants, mais aussi par des tensions géopolitiques, l'impact des taux de change, des obstacles réglementaires ou l'absence d'infrastructures électriques, de transport ou d'hébergement sur le site d'exploitation.

Une mauvaise exécution peut potentiellement déboucher sur un projet non compétitif sur le plan économique et affecter les résultats financiers globaux de l'entreprise, estime Axel Preiss, conseiller en chef Pétrole et Gaz chez EY.

Géographiquement, les projets se heurtant à des dépassements de coûts se situent principalement au Moyen-Orient (89%), en Asie-Pacifique (68%), en Afrique (67%), en Amérique du Nord (58%), en Amérique latine (57%) et en Europe (53%).

L'ordre est un peu différent pour ce qui est des retards: Moyen-Orient (87%), Afrique (82%), Asie-Pacifique (80%), Europe (74%), Amérique latine (71%) et Amérique du Nord (55%).

Les compagnies ne peuvent plus compter sur la hausse des prix du pétrole et du gaz pour masquer, comme dans le passé, les conséquences de ces dépassements, relève M. Preiss.

La découverte de ressources non conventionnelles a déjà influé sur la viabilité économique de nombreux méga-projets, et l'obtention de financements deviendra de plus en plus difficile, à moins que les compagnies soient capables de les livrer selon l'échéancier et le budget prévus.

(©AFP / 14 août 2014 13h26)