Une troisième journée pour contester la réforme du code du travail

Le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez le 12 octobre 2017 à l'Elysée / © AFP/Archives / LUDOVIC MARIN
La CGT et Solidaires organisent jeudi une troisième journée de mobilisation contre les ordonnances réformant le code du travail, en vigueur depuis près d'un mois, en attendant une éventuelle action plus large avec d'autres syndicats, qui pourrait être décidée lors d'une réunion le 24 octobre.

De son côté, l'exécutif est déjà passé à autre chose. Édouard Philippe a rappelé jeudi que les ordonnances avaient été "signées, publiées, elles sont en vigueur", tout en disant assumer "d'avoir des désaccords" avec les syndicats.

Le Premier ministre a d'ailleurs entamé cette semaine le deuxième volet de ses réformes sociales, celles de l'apprentissage, de la formation professionnelle et de l'assurance chômage.

Il rencontre depuis mardi les organisations patronales et syndicales sur ces réformes, qui doivent aboutir à un projet de loi en avril.

Mais pour la CGT et Solidaires, pas question de tourner la page des ordonnances, synonymes de "casse sociale", selon elles.

"La perspective de construction d'une mobilisation unitaire qui mette à bas ces ordonnances est toujours une priorité", a expliqué en début de semaine Éric Beynel, porte-parole de Solidaires, après un entretien à Matignon sur les réformes de la formation professionnelle et de l'assurance chômage.

Ce syndicat non représentatif ne s'était pas immédiatement associé à l'appel de la CGT. Comme pour les deux précédentes journées de contestation, cette dernière avait annoncé seule l'appel, le 9 octobre, à l'issue d'une réunion entre toutes les confédérations, qui ont échoué à arrêter une action unitaire.

Toutes émettent de sérieuses critiques quant aux risques que représentent certaines mesures pour le salarié, comme le plafonnement des indemnités prud'homales ou la fusion des instances représentatives du personnel, dont le décret d'application n'a toujours pas été publié.

Toutefois, elles sont très divisées sur les modalités d'action et semblent déjà, pour certaines, tournées vers le prochain volet des réformes sociales.

Une nouvelle intersyndicale, programmée le 24 octobre, pourrait donner lieu à un appel plus unitaire, éventuellement avec FO et la CFE-CGC, espèrent la CGT et Solidaires.

Paradoxalement, cette réunion est prévue dans les locaux de la CFDT, dont le secrétaire général, Laurent Berger, a maintes fois répété qu'il refusait de faire "démonstration de faiblesse" en battant le pavé contre les ordonnances, malgré les demandes insistantes d'une partie de ses militants.

- 'Entretenir la contestation' -

L'annonce dès le soir de l'intersyndicale du 9 octobre d'une nouvelle mobilisation, dix jours plus tard, a pris de court tant Solidaires que des militants CGT, qui auraient préféré que la confédération donne quelques jours supplémentaires de réflexion à la FSU, FO ou CFE-CGC afin qu'ils s'y associent.

"On a du mal à comprendre cet appel", avoue un cadre de la CGT, qui craint que la journée ne "soit un échec", une semaine après la mobilisation "en demi-teinte" pour soutenir les fonctionnaires.

L'appel de ce jeudi "permet d'entretenir la contestation. On pouvait pas attendre le 24 octobre", explique de son côté Fabrice Angéi, membre de la direction de la CGT. Il espère que la réunion de mardi prochain permettra d'"arrêter une date pour mi-novembre".

D'ici là, des militants de FO, de la CFDT ou de la CFTC, dont les centrales n'ont pas appelé à manifester, vont gonfler les troupes, comme les 12 et 21 septembre, qui ont rassemblé 223.000, puis 132.000 personnes dans toute la France, selon la police.

Treize fédérations de la CFE-CGC participeront aux manifestations à Paris et en régions pour dénoncer une réforme du travail, dont les mesures "ne créeront pas d'emplois" ni "ne renforceront la confiance et le dialogue social en entreprise".

Ces défilés permettent de "continuer à témoigner notre désaccord vis-à-vis des ordonnances et notre crainte vis-à-vis de l'avenir qu'elles annoncent", a expliqué sur LCP le président de la CFE-CGC François Hommeril, qui ne prévoit pas de manifester pour autant ce jeudi.

Côté transport, il n'y a peu quasiment aucune perturbation à la SNCF. "D'une manière générale, le trafic est normal", "très peu de perturbations" ont été constatées jeudi matin, même s'"il peut y avoir éventuellement localement quelques suppressions de trains", a indiqué à l'AFP un porte-parole du groupe ferroviaire.

Les programmes de France Inter ont été perturbés dans la matinée.

Le leader de la CGT Philippe Martinez va défiler à Marseille, loin de Paris où la manifestation va s'ébranler à 14H00 de Montparnasse, direction Denfert-Rochereau.



(©AFP / 19 octobre 2017 11h14)
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