Vienne refuse le système des quotas de réfugiés de l'UE

L'Autriche ne prendra aucune part au système des quotas visant à répartir les réfugiés entre les pays membres de l'Union européenne. Elle a déjà suffisamment contribué dans la gestion de cette crise, estime un ministre autrichien à la veille du sommet UE-Turquie.

Ces déclarations du ministre de la Défense Hans Peter Doskozil risquent de compliquer un peu plus le sommet sur le sujet entre l'UE et la Turquie, qui doit se tenir lundi à Bruxelles.

"Nous assumons déjà une énorme part avec 37'500 demandeurs d'asile pour cette seule année. Pourquoi l'Autriche devrait-elle accueillir les réfugiés venant de Grèce? Cela reviendrait à envoyer un message erroné", a commenté M. Doskozil dimanche dans le journal Österreich.

L'Autriche, qui compte 8,5 millions d'habitants, a enregistré 90'000 demandes d'asile en 2015. Elle a décidé de réduire ce nombre cette année, notamment en limitant le nombre de migrants enregistrés quotidiennement.

Plus divisée que jamais
Les 28 doivent rencontrer lundi midi à Bruxelles le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu, alors que l'arrivée de 1,25 million de demandeurs d'asile divise comme jamais l'UE. Celle-ci va faire pression sur Ankara, consciente que la Turquie détient la clé pour l'aider à maîtriser la crise migratoire.

Les dirigeants européens vont tenter de convaincre la Turquie de tenir ses promesses de novembre, en mettant en oeuvre dès le 1er juin un accord de réadmission en Turquie des migrants irréguliers. Les Européens veulent aussi que les Turcs renforcent la lutte contre les passeurs qui opèrent depuis ses côtes.

Climat de frictions
La situation reste néanmoins préoccupante. Plus de 30'000 migrants sont bloqués en Grèce, dans des conditions misérables, depuis la fermeture successive des frontières des pays des Balkans et d'Europe centrale par lesquels ils ralliaient l'Allemagne et la Scandinavie.

De plus, ce sommet, le deuxième en moins de quatre mois, survient dans un climat de frictions récurrentes entre l'UE et la Turquie. Bruxelles s'inquiète de la répression contre les médias hostiles au président islamo-conservateur Recep Tayyip Erdogan, comme l'a encore montré ce week-end la mise sous tutelle d'un quotidien d'opposition turc.

(ats / 06.03.2016 11h38)