Voiture de police brûlée à Paris: un Suisse en fuite condamné à 7 ans de prison

Paris - La justice française a prononcé mercredi une peine de sept ans de prison ferme contre le militant "antifasciste" suisse Joachim Landwehr, en fuite, reconnu coupable d'avoir incendié une voiture de police avec un fumigène à Paris en mai 2016.

Six autres personnes impliquées dans cette attaque en marge d'une manifestation ont écopé de peines de prison moins lourdes, un jugement accueilli par des clameurs de protestation d'une quarantaine de partisans des prévenus.

Massés à l'extérieur de la salle d'audience, ils ont été rapidement évacués par des gendarmes aussi nombreux qu'eux, aux cris notamment de "Tout le monde déteste la justice". Un dispositif de sécurité presque jamais vu au Palais de justice de Paris avait été déployé.

Le tribunal a ordonné le maintien en détention de l'Américaine transgenre Kara Brault et d'Ari Rustenholz, respectivement condamnés à quatre ans et cinq ans de prison, assortis pour moitié du sursis. Ils ont brisé des vitres du véhicule à coups de plot alors que deux policiers se trouvaient à l'intérieur.

Nicolas Fensch, qui a frappé un policier à coups de barre métallique, un affrontement dont les images sont devenues virales sur internet, ne retournera pas en prison. Ce quadragénaire écope de cinq ans de prison assortis pour moitié du sursis, une peine couverte en partie par la détention provisoire, et potentiellement aménageable pour le reste.

Une incertitude demeure sur une incarcération ultérieure du prévenu le plus scruté du procès, le Français Antonin Bernanos, militant "antifasciste" actif devenu au fil du procès une figure pour la mouvance d'extrême gauche.

Le tribunal a vu en lui l'assaillant qui a frappé à coups de poing un policier assis dans sa voiture, avant de briser le pare-brise arrière.

Parlant d'une "scène de guérilla urbaine" et d'un "risque de réitération", le président a condamné l'étudiant de 23 ans à trois ans de prison ferme (cinq dont deux avec sursis), mais sans "mandat de dépôt", c'est-à-dire emprisonnement immédiat.

Le descendant de l'écrivain George Bernanos a déjà effectué dix mois de détention provisoire. Il lui reste donc en théorie vingt-six mois de prison à effectuer, en sachant qu'il est possible d'aménager une peine de vingt-quatre mois, par exemple avec le port d'un bracelet électronique.

Il n'est donc pas exclu que le jeune homme retourne en prison pour plusieurs semaines ou mois.

Un autre prévenu a été condamné à deux ans de prison dont un avec sursis pour avoir donné des coups de pied et de poing dans la voiture, un autre à un an de prison avec sursis pour "participation à un attroupement violent". Deux jeunes hommes poursuivis pour ce dernier délit ont été relaxés, dont le frère cadet d'Antonin Bernanos.


(©AFP / 11 octobre 2017 12h21)