Wall Street finit en nette hausse, oubliant la géopolitique

New York (awp/afp) - Wall Street a nettement monté lundi à l'issue d'une séance pendant laquelle elle a progressivement écarté les inquiétudes liées aux attentats en France pour rebondir après une longue période de baisse: le Dow Jones a pris 1,38% et le Nasdaq 1,15%.

Selon des résultats définitifs, l'indice vedette Dow Jones Industrial Average a gagné 237,77 points à 17.483,01 points et le Nasdaq, à dominante technologique, 56,73 points à 4.984,62 points.

L'indice élargi S&P 500, jugé le plus représentatif par de nombreux investisseurs, s'est adjugé 1,49%, soit 30,15 points à 2.053,19 points.

Comme ses homologues européennes, Wall Street a ouvert en baisse, dans le sillage des attentats qui ont tué plus d'une centaine de personnes vendredi soir à Paris, mais s'est vite redressée à l'équilibre. En deuxième moitié de séance, elle s'est orientée en nette hausse.

"C'est une journée qui a semblé étrange", a reconnu Chris Low, de FTN Financial. "Je ne sais pas pourquoi on a accéléré, de façon d'ailleurs peut-être excessive."

Pour beaucoup d'observateurs, les attentats de vendredi n'ont qu'un effet limité sur les marchés financiers, même s'ils dominent l'actualité et, après avoir été revendiqués par les djihadistes de l'Etat islamique, attisent les inquiétudes géopolitiques.

"La résistance des marchés est remarquable, mais cela fait partie d'une tendance générale", a commenté Jack Ablin, de BMO Private Bank. "Les investisseurs sont plus attentifs aux risques financiers qu'aux risques géopolitiques, alors qu'il y a dix ou vingt ans, cela aurait été la catastrophe à Wall Street."

"Le monde financier semble isolé du reste, et je ne sais pas trop pourquoi", a-t-il reconnu. "C'est peut-être en partie parce que les Etats-Unis disposent désormais de réserves énergétiques hors du Moyen-Orient."

Après avoir entamé la journée en baisse, les cours de l'or noir se sont néanmoins redressés pour gagner un dollar le baril à New York.

Sur le plan des indicateurs américains, "le seul chiffre aujourd'hui, c'était l'indice de l'activité manufacturière de la région de New York, et il était pire que prévu", avec une nouvelle contraction en novembre, a souligné M. Low. "Donc, les échanges ne se sont pas basés là-dessus."

"Peut-être qu'il y a des spéculations dans l'idée que la Réserve fédérale (Fed) n'est pas aussi certaine de normaliser sa politique que ce que l'on pensait, maintenant qu'il faut prendre compte les préoccupations géopolitiques et le fait que la semaine dernière ait été mauvaise", le Dow Jones ayant perdu près de 4%, a-t-il avancé. "Mais cela ne me semble pas évident qu'elle ait changé d'avis."

La récente baisse de Wall Street a été encouragée par l'idée que la Fed, la banque centrale américaine, allait relever en décembre ses taux, actuellement presque nuls, pour la première fois depuis 2006, et retirer ainsi un important soutien à l'économie.

Le marché obligataire hésitait. Vers 21H20 GMT, le rendement des bons du Trésor à dix ans reculait à 2,267%, contre 2,276% vendredi soir, et celui des bons à 30 ans avançait à 3,063% contre 3,057% auparavant.

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(AWP / 16.11.2015 22h32)