Wall Street finit en ordre dispersé, aidée par des rumeurs sur la Fed

La statue de George Washington devant l'entrée de la Bourse de New York, le 30 novembre 2018 / © AFP/Archives / Angela Weiss
Wall Street a fini en ordre dispersé jeudi après un début de séance chaotique, les investisseurs ayant pu compter sur des informations selon lesquelles la Banque centrale américaine (Fed) pourrait ralentir ses augmentations de taux l'an prochain.

Selon les résultats définitifs à la clôture, l'indice vedette de Wall Street, le Dow Jones Industrial Average, a perdu 0,32%, à 24.947,67 points.

L'indice Nasdaq, à forte coloration technologique, a pris 0,42%, à 7.188,26 points.

L'indice élargi S&P 500 a cédé 0,15% à 2.695,95 points.

La séance avait pourtant très mal débuté à la Bourse de New York, l'indice Dow Jones perdant jusqu'à 3,14% dans le sillage de l'arrestation au Canada, sur demande des Etats-Unis, d'une haute dirigeante du géant chinois des télécoms Huawei, suscitant l'ire de Pékin.

Cette affaire de justice menaçait de faire "partir en fumée" une potentielle résolution rapide de la guerre commerciale entre la Chine et les Etats-Unis, d'après Art Hogan de B. Riley FBF, bien qu'aucune "intervention politique" n'ait eu lieu lors de cette arrestation, d'après le Premier ministre canadien Justin Trudeau.

Cette fébrilité ambiante s'était ressentie à Wall Street dès l'ouverture des échanges électroniques mercredi soir, qui ont été interrompus à plusieurs reprises en raison de la forte volatilité, a affirmé CME Group.

Egalement au rang des inquiétudes de Wall Street, le déficit commercial des Etats-Unis s'est une nouvelle fois creusé en octobre pour atteindre un niveau inédit en 10 ans, sous l'effet d'importations record et d'une baisse des exportations.

Le secteur privé aux Etats-Unis a par ailleurs moins embauché en novembre, et moins que prévu par les analystes, selon les données de l'enquête mensuelle d'ADP publiées jeudi, à la veille de la publication très attendue des chiffres officiels de l'emploi pour novembre.

- Pause -

Mais les indices se sont nettement redressés peu avant la clôture de la place new-yorkaise à la faveur d'un article sur le site du Wall Street Journal affirmant que la Fed, qui affirme être désormais plus dépendante des données économiques dans ses choix d'augmentations de taux, pourrait ralentir ses hausses l'an prochain.

"Après la hausse de taux déjà prévue en décembre, elle pourrait se préparer à communiquer sur une pause", a décrypté Alan Skrainka de Cornerstone Wealth Management.

La perspective d'une éventuelle pause réjouit les investisseurs car les hausses de taux de la Fed ont pour conséquence d'augmenter le coût du crédit et de ralentir les perspectives économiques aux Etats-Unis.

L'information n'a toutefois pas suffi à rendre l'ensemble des marchés optimistes, l'actualité autour de la guerre commerciale, la chute du géant Boeing dans son sillage (-3,09%), et le nouveau plongeon des cours du pétrole, imposant une chape de plomb à Wall Street.

A New York, le cours du baril de brut a chuté de 1,50 dollar jeudi, pesant sur les entreprises du secteur, à l'instar de Chevron (-1,13%), ExxonMobil (-1,31%) ou Schlumberger (-4,08%).

Parmi les autres valeurs, le groupe Marvell Technology a avancé (+3,81%) après la publication de résultats trimestriels supérieurs aux attentes.

Sur le marché obligataire, le taux à 10 ans des Etats-Unis évoluait à 2,888% vers 21H35 GMT, contre 2,914% mardi à la clôture, et celui à 30 ans à 3,157%, contre 3,173% à la fermeture mardi.

Nasdaq

(©AFP / (06 décembre 2018 22h54)


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