Yémen: les rebelles libèrent deux fils de l'ex-président Saleh

Sanaa - Les rebelles Houthis au Yémen ont annoncé mercredi la libération de deux fils de l'ancien président Ali Abdallah Saleh qui étaient détenus depuis l'assassinat de leur père en décembre dernier.

Salah et Madyan ont été relâchés à la suite d'une mesure de grâce de Mehdi Machat, chef du Conseil politique suprême des Houthis, a rapporté l'agence Saba des insurgés, lesquels contrôlent la capitale Sanaa et une bonne partie du nord et de l'ouest du Yémen. Cette agence n'a pas précisé la raison qui a motivé cette mesure.

Des sources politiques ont toutefois indiqué que les libérations étaient le résultat d'une médiation du sultanat d'Oman, qui garde des liens avec tous les protagonistes du conflit yéménite.

Les deux fils de l'ancien président ont été libérés contre la promesse de ne pas mener d'activités politiques, ont ajouté ces mêmes sources.

Ils ont été emmenés à l'aéroport de Sanaa, à destination de la capitale de la Jordanie, Amman, où ils ont effectivement atterri dans l'après-midi, de source officielle jordanienne.

D'après la même source, ils ne doivent toutefois rester qu'"une heure" sur place, "avant de prendre la direction d'un pays tiers", dont le nom n'a pas été dévoilé.

Le fils aîné de l'ancien président, Ahmed, vit lui à Abou Dhabi, où il avait occupé avant la guerre le poste d'ambassadeur du Yémen aux Emirats arabes unis.

Les rebelles continuent par ailleurs de détenir des proches d'Ali Abdallah Saleh, dont un de ses neveux.

Autrefois allié des Houthis soutenus par l'Iran, l'ex-chef d'Etat Ali Abdallah Saleh avait été qualifié de "traitre" et tué par ces rebelles après avoir donné des signes d'ouverture en direction de l'Arabie saoudite, qui mène une coalition militaire soutenant le gouvernement internationalement reconnu.

La guerre au Yémen a éclaté quand les Houthis, issus de la minorité zaïdite (branche du chiisme) très présente dans le nord, sont entrés dans Sanaa en septembre 2014. Ils se sont progressivement emparés de vastes régions du pays, provoquant en mars 2015 l'intervention de la coalition sous commandement saoudien.

Le conflit a fait quelque 10.000 morts, en majorité des civils, et plus de 56.000 blessés, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), mais le bilan réel des victimes est certainement très supérieur, selon des responsables humanitaires.

(©AFP / 03 octobre 2018 15h15)
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