Yémen: le président Hadi dit considérer Aden comme la capitale

Aden - Le président yéménite Abd Rabbo Mansour Hadi a affirmé samedi qu'il considérait Aden, où il s'est réfugié après avoir fui Sanaa le 21 février, comme la capitale du pays, a rapporté l'un des membres de son entourage.

Cette déclaration n'a toutefois qu'une portée symbolique car un changement de capitale nécessite une révision de la Constitution qui indique toujours que Sanaa est la capitale du Yémen.

Aden est devenue la capitale du Yémen du moment que Sanaa est sous occupation des Houthis, a déclaré, selon l'un de ses assistants, le président Hadi.

Le président a tenu ces propos devant une délégation de responsables et de dignitaires de la région du Hadramout, qui recoupe dans le projet de Constitution prévoyant un régime fédéral les provinces du Hadramout, de Chabwa, de Mahra et de Socotra.

Cinq de nos régions sont avec les conclusions du dialogue national et le projet de constitution et il ne reste qu'Azal, a-t-il ajouté, en référence à la région regroupant les province de Sanaa, Omrane et Saada, sous contrôle des Houthis.

Nous allons dialoguer avec eux mais nous leur disons qu'Aden est devenue la capitale du Yémen du moment où Sanaa est sous occupation des Houthis, a-t-il insisté.

Le projet de constitution, rejeté par les Houthis, prévoit un Yémen fédéral de six régions, quatre dans le nord et deux dans le sud.

Depuis qu'il s'est installé à Aden, M. Hadi y multiplie les rencontres politiques et certains pays du Golfe, qui ont pris fait et cause pour lui, ont transféré leurs ambassades à Aden.

Mais les Etats-Unis qui ont fermé leur chancellerie à Sanaa ont indiqué ne pas avoir l'intention, pour le moment, de la transférer à Aden.

- tension sur le terrain -

Sur le terrain, une vive tension régnait dans la ville d'Aden, où les forces spéciales de sécurité, soupçonnées de liens avec les Houthis, se préparaient à un assaut éventuel de paramilitaires fidèles à M. Hadi.

Le commandant de ces forces, Abdel Hafez al-Saqqaf, a rejeté un décret annoncé mardi par le président Hadi de le limoger, et affirme qu'il ne quitterait son poste que sur ordre de Sanaa, où les Houthis ont pris le pouvoir, a indiqué à l'AFP l'un de ses adjoints.

Ses hommes ont coupé dès le matin les routes menant à leur QG, près de l'aéroport international d'Aden.

Ils ont érigé des barricades disant craindre un assaut des membres des Comités populaires de résistance, des supplétifs de l'armée fidèles à M. Hadi.

(©AFP / 07 mars 2015 13h57)
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